Le Qatar aurait versé des pots de vin pour obtenir le Mondial de Football 2022

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 2 juin 2014 à 7h25

La polémique sur l’attribution de la Coupe du Monde de Football 2022 au Qatar n’a pas cessé de faire polémique. Après que le président de la Fifa, Joseph Blatter, a déclaré publiquement qu’il s’agissait d’une « erreur », voilà que le Sunday Times appuie cette thèse avec des soupçons, documentés, de corruption. Pour se voir attribuer l’organisation de l’événement le Qatar aurait payé des personnalités du football international.

Plusieurs millions de dollars en pots de vin versés par le représentant du Qatar

C’est une attaque en pleine règle que lance le Sunday Times contre le Qatar et les organisateurs de la Coupe du Monde. Selon le journal britannique, qui avance avoir des milliers de mails étayant ses propos, le Qatar aurait tout simplement corrompu les décideurs. Avec plusieurs millions de dollars.

Mohamed Bin Hammam, membre exécutif de la Fifa pour le Qatar lors de la période de décision et qui a, en 2012, été suspendu à vie par le comité d’éthique de la fédération internationale de football pour corruption, aurait utilisé des caisses noires pour envoyer de considérables sommes d’argent à ceux qui étaient en charge de nommer le pays hôte de la compétition.

Selon le Sunday Times, plus de 5 millions de dollars auraient été ainsi versés pour corrompre les hauts responsables du football international.

Le Mondial 2022 entaché à vie ?

Mohammed Bin Hammam aurait donné de l’argent à de nombreuses personnalités, notamment en Afrique. Des versements dont certains auraient atteint 200 000 dollars auraient été réalisés par le haut responsable qatari à ses collègues africains.

Mais ce serait Jack Warner, ex-président de la Concacaf, la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes) qui aurait touché le plus selon les documents à disposition du Sunday Times.

450 000 dollars auraient été versés à Jack Warner peu de temps avant le vote définitif pour l’attribution du Mondial 2022. Et ce n’est pas la première fois que le nom de Jack Warner est associé à des faits de corruption perpétrés par Mohammed Bin Hammam.

Il y a quelques mois de cela, en avril 2014, le Daily Telegraph révélait que Jack Warner et sa famille auraient touché 1,43 million de dollars de la part d’une entreprise qatari. Et cette entreprise serait propriété de Mohammed Bin Hammam.

Il semblerait donc que l’attribution du Mondial 2022 au Qatar ait bien été une « erreur » et que cette édition de la Coupe du Monde risque de rester dans l’histoire du football, mais pas pour de bonnes raisons.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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