Rachat d’actifs du 22 janvier 2015 : les dés sont-ils déjà jetés ?

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Par Georges de La Taille Modifié le 21 janvier 2015 à 16h09

Les marchés actions et obligataires, les banques centrales, les métiers de la finance, les agents économiques et même le Président de la République François Hollande : tout le monde anticipe ces jours-ci le programme d'achat de dettes souveraines (QE) par la BCE, dont l'annonce est attendue jeudi (en principe)

Pourtant, la décision qui a pris les analystes à revers et semé des paniques boursières est venue jeudi 15 de la banque nationale suisse, qui a abandonné le cours plancher de l'euro face au franc suisse. En bref, pour ne pas être submergé par l'appréciation du franc suisse face à l'euro, la BNS a déclenché ce mécanisme une semaine plut tôt, ce qui a fortement pénalisé les entreprises exportatrices du pays. Et lundi 19 janvier 2015, c'est à son tour la banque nationale danoise qui a abaissé son taux de dépôt et son taux directeur, désormais au niveau de ceux de la zone euro, pour préserver l'ancrage de la couronne danoise à l'euro.

Sur les places boursières, les indices européens ont largement performé la semaine dernière car les investisseurs parient depuis déjà depuis quelques semaines sur l'injection massive de liquidités en euro, constatant que le QE américain (de la Fed) a eu pour effet de faire grimper actions et obligations. Les taux d'intérêt des principaux emprunts d'Etat de l'Eurozone sont au plus bas.

L'Allemagne exerce une forme de contre-pouvoir à l'action de la BCE : elle craint que ce programme n'envoie le signal que l'économie de la zone euro a besoin d'une perfusion monétaire pour se redresser. Ainsi, par l'intermédiaire de son président M.Weidmann, la Bundesbank souhaite que les banques centrales de chaque pays assument elles-mêmes les risques de leur dette nationale. Si le QE se déroulait selon de telles modalités, cela pourrait affaiblir l'union monétaire aux yeux de certains analystes.

Mais tous ces acteurs se contentent de jouer leur rôle économique. On ne peut pas en dire autant de M.Hollande, qui a déclaré lors de ces vœux aux forces économiques que "La Banque centrale européenne va prendre jeudi la décision de racheter des dettes souveraines, ce qui va donner des liquidités importantes à l'économie européenne et (...) peut créer un mouvement favorable à la croissance". Des propos qui ont pu siffler aux oreilles d'une institution censée garantir son indépendance.

Mais comme le dit Paul Jackson, responsable de la recherche chez Source, c'est la survenance du QE qui est intégrée et non son efficacité très hypothétique.

M.Jackson ajoute que « Mario Draghi danse au rythme des marchés... ». De là à considérer que M.Hollande l'accompagne...

Article initialement publié sur Actusite

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Georges de La Taille est le fondateur d'Actusite, société spécialisée dans la création et l'animation de sites Internet pour les Conseillers en Gestion de Patrimoine (CGPI), Courtiers, Agents Généraux, Experts Comptables et Avocats. Actusite s'occupe de plus de 450 sites. En parallèle, Actusite a une activité de média auprès de cette profession via des chats vidéos. Il a commencé sa carrière dans un courtier d'assurance en ligne (AssurOnline) puis a travaillé dans un cabinet de conseil pour accompagner les Banques, Assurance, Organisme de Crédit, etc... dans leurs problématiques de présence sur Internet.

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