Pigasse, Bergé et Niel en passe de racheter Le Nouvel Observateur

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Par Laure De Charette Modifié le 9 janvier 2014 à 0h58

C'est l'histoire incroyable d'un trio d'hommes d'affaires richissimes qui, non content de posséder l'un des quotidiens les plus influents de France, veut s'offrir un des magazines les plus prescripteurs de l'Hexagone. Le milliardaire Pierre Bergé, le banquier Matthieu Pigasse et le milliardaire entrepreneur Xavier Niel, tous trois déjà actionnaires du Monde (avec l'espagnol Prisa) ont entamé des négociations exclusives pour devenir actionnaires à hauteur de 65% du capital du Nouvel Observateur.

L'un des premiers magazines de France ne coute que 13 millions d'euros

Montant de la danseuse : 13,4 petits millions d'euros. A ce prix-là tombe aussi dans leur besace le site Rue89.com (mais ni Challenges ni Sciences et Avenir), qui fait partie du groupe Nouvel Obs. A ce prix-là surtout, les trois hommes auraient tort de s'en priver !

On savait que depuis quelques semaines, le Nouvel Obs, créé en 1964, était à vendre. On savait aussi que son propriétaire actuel, Claude Perdriel, cherchait à se rapprocher du Monde (il avait d'ailleurs fait une tentative, vaine, de prise de contrôle en 2011).

Mais on ne se doutait pas que le Nouvel Obs ne valait que 20 millions d'euros (si l'on intègre les 6,7 millions d'euros que les trois compères veulent injecter en guise d'augmentation de capital) ! En fait, certains spécialistes pensaient qu'il en vaudrait plus du double, entre 40 et 50 millions d'euros...

C'est dire l'état de la presse écrite française, et son manque d'intérêt financier !

Claude Perdriel brade son magazine, pour mieux le préserver ?

Il faut dire que le Nouvel Obs, comme l'immense majorité des titres de presse français, affiche, malgré sa notoriété et son prestige, des revenus faibles –moins de 100 millions d'euros en 2013- et des pertes non négligeables -7 millions d'euros.

En fait, si le prix de vente est aussi bas, c'est parce que Claude Perdriel a fixé un nombre de contraintes important aux repreneurs, quitte à déprécier son bien. Des contraintes jamais vues dans le milieu des affaires, où c'est plutôt le repreneur qui fixe d'ordinaire ses conditions !

Un, la ligne éditoriale devra être respectée et rester « sociale-démocrate » ; deux, Claude Perdriel veut rester à la tête du comité éditorial. Trois, l'actuelle équipe dirigeante restera en place ; quatre, il aura un droit de veto sur les licenciements ; cinq, pas de fusion avec le Monde.

Racheter le Nouvel Obs, une vraie bonne affaire ... ?!

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Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique. Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.

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