Réduire les indemnités chômage : les Français sont pour !

6200 EUROS
L'indemnité chômage maximale en France est de 6 200 euros par mois.

Q1 : Faites-vous tout à fait confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou pas confiance du tout à EDF pour garantir l’approvisionnement en électricité de la France dans les années qui viennent ?

•             Sous total « confiance » : 84 %

•             Sous total « pas confiance » : 15 %

•             NSP : 1 %

84% des Français interrogés font confiance à EDF pour garantir l’approvisionnement d’électricité en France dans les années qui viennent.

Il y a deux mois, la devise de Paris « Fluctuat Nec Mergitur » qui signifie « elle est battue par les flots, mais ne sombre pas » était au centre de l’actualité. Aujourd’hui, EDF pourrait presque la faire sienne. En effet, l’entreprise connaît depuis plusieurs mois une succession de mauvaises nouvelles économiques qui s’enchainent mais qui ne paraissent pas atteindre l’opinion publique comme le montre le sondage de ce jour qui indique que 84% des Français interrogés ont confiance en la capacité d’EDF d’assurer l’approvisionnement d’électricité en France dans les années à venir.

C’est un résultat particulièrement satisfaisant pour EDF qui démontre trois choses en communication

•             D’abord que les prises de parole des syndicats d'EDF n’impriment pas dans le débat public. Cela fait plusieurs mois que ces derniers dénoncent la situation économique de l’entreprise et de son principal actionnaire : l’Etat. S’ils veulent peser davantage dans le futur, ils devront trouver rapidement un nouveau logiciel de communication ;

•             Ensuite que la confiance des Français à l’endroit d’EDF est profonde, durable et quasi inébranlable. Assise sur l’histoire de l’entreprise et son passé de grand service public, on voit que le socle de confiance sur lequel est installé EDF est particulièrement résistant. Il convient tout de même de préciser que si l’on regarde dans le détail les résultats du sondage, les catégories les plus jeunes sont les moins enclines à accorder leur confiance à EDF ce qui prouve aussi l’érosion du temps sur le socle de confiance ;

•             Enfin, que EDF peut s’appuyer sur une opinion publique acquise pour affronter les turbulences économiques à venir, notamment en matière d’investissements. L’ouverture à la concurrence et la baisse des prix de l’électricité sur le marché européen sont deux sujets d’inquiétude, mais ils sont incomparablement moins difficiles à surmonter que les investissements importants que l’entreprise devra consentir pour sauver AREVA, pour finaliser la construction des EPR, sécuriser et moderniser les installations nucléaires, retraiter et enfouir les déchets radioactifs.

EDF peut s’appuyer sur une opinion publique historiquement acquise pour traverser la zone de turbulences économiques qui arrive… Toutefois, EDF ne doit surtout pas oublier que l’opinion publique est versatile et que la valeur mesurée par un sondage a une durée de vie très courte.

Q2 : Selon vous, faut-il réduire le montant des indemnités chômage comme le propose la Cour des Comptes ?

•             Sous total « oui » : 56 %

•             Sous total « non » : 44 %

56% des Français interrogés considèrent qu’il faut réduire les indemnités chômage conformément à la recommandation de la Cour des Comptes.

C’est un résultat surprenant. En effet, dire que les Français sont d’accord avec la réduction d’une indemnité, à laquelle ils ont droit en cas de chômage, est contre intuitif.

Ce résultat s’explique de deux façons en communication.

•             Il est d’abord la conséquence du retour de la « valeur travail » dans l’opinion publique ou plutôt d’une envie de travail dans un pays où le chômage ne cesse de croitre. Cela fait plusieurs années désormais que les discours politiques remettent la valeur travail au centre du jeu politique et on en mesure probablement les effets positifs dans le sondage de cette semaine.

•             La deuxième raison, qui m’apparaît plus importante que la précédente, repose sur la volonté des Français de sauver l’assurance chômage et le modèle de protection sociale Français. La prise de conscience de la crise et des déficits qui pèsent sur l’assurance chômage sont autant d’arguments qui poussent les Français à accepter la réduction du montant des indemnités plutôt que de risquer, à moyen terme, de voir s’effondrer le système existant. Il s’agit donc d’un réflexe de protection un peu conservateur, plutôt que d’une inflexion libérale. Il n’en demeure pas moins qu’en communication politique, l’idée de réduire les indemnités chômage, portée par la Cour des Comptes, est reprise par le gouvernement social libéral de François Hollande à Emmanuel Macron. Elle fait son chemin alors même que l’on pourrait imaginer que cette idée émane naturellement de la droite de l’échiquier politique…

En communication politique sortir de sa zone de confort idéologique est souvent un coup gagnant auprès de l’opinion publique. Les opposants habituels peuvent se rallier ponctuellement à votre cause et vos amis continuent de vous soutenir, cela permet de dépasser 50% d’opinion favorable sur une mesure difficile. Reste à savoir si cette habileté tactique aura un jour une traduction dans les urnes.

Sondage exclusif TILDER/LCI/OpinionWay du 21 janvier 2016


A découvrir