Retraites : ça marche mieux sur deux jambes !

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Par Jacques Bichot Publié le 16 mai 2020 à 13h49
Retraites Personnes Agees Voeux Macron
65%65% des Français estiment nécessaire d'épargner pour financer sa retraite.

Jacques Garello vient de faire (sur Breizh Info) un éloge de la retraite par capitalisation : il a raison, en ce sens que les Français comptent trop exclusivement sur la répartition. Mais il a tort de penser que l’on peut se passer de la répartition, qui repose d’ailleurs elle aussi sur une forme de capitalisation, l’accumulation du capital humain.

Les pensions, en France, vont représenter en cette année 2020 environ 330 Md€. Les entreprises françaises, au total, distribuent un peu moins de 50 Md€ de dividendes. Même si ces dividendes étaient intégralement destinés à des fonds de pension et donc distribués aux retraités, on serait loin du compte ! Admettons même que ce chiffre de 50 Md€ puisse augmenter, passer peut-être à 100 Md€, ça ne le fait toujours pas …

Il faut donc compter en partie sur le capital humain, qui représente à peu près le double du capital constitué par l’ensemble des entreprises, des infrastructures et des bâtiments. Dans quelle proportion ? Deux tiers de retraite « par répartition », c’est-à-dire fondée sur le capital humain, pour un tiers de capitalisation serait assez logique.

Bien entendu, la retraite dite par répartition doit être profondément réformée, puisqu’elle repose actuellement sur un grossier mensonge juridique : quand le législateur affirme que les jeunes doivent cotiser pour leurs anciens parce que c’est comme cela que l’on prépare sa retraite, il montre qu’il mériterait un zéro pointé en économie.

Le démographe Alfred Sauvy l’a très bien expliqué il y a déjà un demi-siècle : s’il y a des cotisants pour entretenir les retraités, c’est parce que, globalement, ces retraités, quand ils étaient plus jeunes, les ont mis au monde, entretenus et formés. Que les législateurs ignorent ce « théorème de Sauvy » quasiment partout dans le monde est le signe que le B. A. BA de l’économie des retraites reste à enseigner aux dirigeants de nos pays et des institutions internationales. Plaise à mon ami Garello de participer avec moi à cette indispensable alphabétisation !

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Jacques Bichot est économiste, mathématicien de formation, professeur émérite à l'université Lyon 3. Il a surtout travaillé à renouveler la théorie monétaire et l'économie de la sécurité sociale, conçue comme un producteur de services. Il est l'auteur de "La mort de l'Etat providence ; vive les assurances sociales" avec Arnaud Robinet, de "Le Labyrinthe ; compliquer pour régner" aux Belles Lettres, de "La retraite en liberté" au Cherche Midi et de "Cure de jouvence pour la Sécu" aux éditions L'Harmattan.

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