Hollande-Obama ou la nouvelle relation franco-américaine

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Par Alain Santerre Publié le 11 février 2014 à 16h07

François Hollande a entamé, lundi 10 février, une visite historique aux États-Unis. En effet, depuis Jacques Chirac en 1996, aucun Président de la République française n'avait été convié à une visite d'État outre-Atlantique. Cette visite a été l'occasion pour Barack Obama et François Hollande de montrer leur volonté de travailler « ensemble » et d'instaurer une nouvelle relation franco-américaine.

« Nous sommes ensemble pour combattre le terrorisme, ensemble pour répondre à la menace de prolifération des armes nucléaires et chimiques, ensemble pour résoudre les crises du Proche-Orient, ensemble pour trouver une solution en Syrie, ensemble pour le développement de l'Afrique, ensemble, toujours ensemble, pour lutter contre le réchauffement climatique ». Voilà ce qu'a déclaré François Hollande en arrivant aux États-Unis ce lundi 10 février. Ce discours marque un vrai tournant dans les relations entre la France et les États-Unis. C'est la première fois qu'un président français affirme une telle convergence avec le gouvernement américain.

De son côté, Barack Obama a lui aussi souligné cette nouvelle « alliance transformée ». « D'avantages de nations doivent prendre leur responsabilité, faire preuve de leadership, et c'est que font ensemble les États-Unis et la France » a remarqué Obama, après avoir écouté les hymnes nationaux. Pour rajouter à la symbolique, c'est à Monticello, dans le domaine de l'illustre francophile que fut Thomas Jefferson que Barack Obama a convié son homologue français. Les deux hommes ont fait le voyage ensemble depuis Washington, en Air Force One (privilège qui n'avait jusque là était accordé qu'à David Cameron, le Premier ministre britannique, allié historique des États-Unis). Ce geste doit être vu, de la part de Barack Obama, comme une marque particulière à l'égard de son hôte et c'est ainsi que l'interprète l'Élysée.

Devant tant de démonstration de la part des deux présidents nous ne pouvons que remarquer cette nouvelle relation franco-américaine qui s'instaure, mais comment et pourquoi en est-on arrivé là ?

Les États-Unis sont à la recherche d'un nouveau partenaire. Après les échecs irakiens et afghans, devant leur déficit public estimé à 800 milliards de dollars en 2014, mais aussi désireux de contrer la montée en puissance de la Chine en Asie, les États-Unis ne veulent plus s'engager dans de nouvelles opération militaires, ni assumer seuls le leadership international qui reste trop lourd à porter. De son côté, la France, continue de penser et d'agir dans une dimension mondiale, dispose d'une armée solide dont elle n'hésite pas à se servir (comme l'ont montré les récentes interventions en Libye, au Mali et en Centrafrique).

Ce rôle de puissance mondiale de la France n'est pas nouveau, mais ils ne dérangent plus les Américains, car il répond désormais parfaitement à leurs nouvelles attentes. La France est maintenant épaulée par les États-Unis sur la scène internationale et cela se ressent notamment en Europe ou son rôle n'en ressort que grandit par cette nouvelle relation avec Washington.

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Alain Santerre est diplômé d'économie à l'Université Lyon 2 et s'est lancé dans une carrière d'actuaire. Du bassin lyonnais à l'Asie du sud-Est, l'assurance et les relations internationales n'ont presque plus aucun secret pour celui qui travaille beaucoup en lien avec Axa.

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