Renault suspend l’activité de son usine près de Moscou

Par Anton Kunin Modifié le 24 mars 2022 à 15h37
Renault Valeo Moteur Electrique 2
45.000Renault emploie 45.000 personnes en Russie.

« Les activités industrielles de Renault en Russie sont suspendues », annonçait le constructeur automobile par communiqué le 23 mars 2022 au soir, après avoir réuni son conseil d’administration.

Renault, un poids lourd de l’industrie automobile russe

Renault, pourrait-il se retirer définitivement de la Russie ? Si, pour le moment, il ne s’agit que d’une suspension de l’activité au sein de son usine près de Moscou, où Renault fabrique ses voitures en marque propre, l’immense usine Avtovaz de Togliatti, où sont construites les Lada et dont le groupe français est propriétaire à 67,7% depuis 2007, pourrait connaître un sort peu enviable. « Le Groupe évalue les options possibles concernant sa participation dans Avtovaz », a fait savoir Renault par le même communiqué, sans donner plus de détails.

Si le retrait de Renault de Russie devait se matérialiser, il constituerait un coup dur pour l’industrie automobile du pays. Il faut savoir que le Losange est en pole position sur le marché russe. Les voitures construites dans les usines Renault (notamment la Lada, qui représente la moitié de ses ventes) sont très appréciées des Russes et arrivent chaque année en tête des voitures les plus vendues, loin devant Hyndai-Kia et VW-Skoda-Audi-Porsche.

Partir ou rester, un dilemme pour Renault

Mais un arrêt des activités de Renault en Russie plomberait aussi lourdement le Losange lui-même, étant donné l’importance de ce marché dans le bilan du groupe. En 2021, Renault a vendu 482.000 voitures en Russie, voit 17% de sa production totale à travers le monde. En plus, une récente loi russe autorise la nationalisation des actifs des sociétés étrangères qui quittent la Russie. En cas de retrait du pays, Renault devrait donc y laisser l’ensemble de son appareil productif et des composants inutilisés. Pour le moment, Renault préfère donc patienter et « agir de manière responsable envers ses 45 000 salariés en Russie », selon le communiqué.

Dans son histoire, Renault avait déjà dû se retirer de la Russie une fois, avec la célèbre Révolution de 1917. Le groupe n’a pas remis les pieds en Russie avant les années 1960, les pourparlers avec Moscou avaient alors débouché sur un accord de coopération signé en 1970, visant à développer l’industrie automobile russe. En 1980, près d’un tiers des voitures soviétiques étaient construits d’après les technologies Renault. Dernière étape : en 2005, Renault s’était doté d’une usine en propre, près de Moscou, où étaient jusqu’ici fabriquées les Renault Logan.

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