Plan REPowerEU : la Cour des comptes européenne dénonce une impréparation totale

Par Anton Kunin Modifié le 27 juillet 2022 à 9h18
Petrole France Emirats 2
220 milliards d'eurosÀ ce jour, 220 milliards d'euros disponibles via le Plan de relance pour l'Europe restent inutilisés, mais les États membres peuvent les réclamer jusqu'au 31 août 2023.

Réduire notre dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie est plus facile à dire qu’à faire. Tel est l’avis que vient d’émettre la Cour des comptes européenne, qui pointe l’absence dans ce plan de dispositions quant aux financements et aux modalités pratiques.

Le manque de financements risque de rendre le plan REPowerEU caduc

Renoncer complètement au gaz et pétroles russes à l’horizon 2027… l’objectif est louable, mais peu réaliste, estime la Cour des comptes européenne. La mise en œuvre de ce plan, baptisé « REPowerEU », nécessiterait 210 milliards d'euros d’investissements supplémentaires, a calculé cette institution. Cela, alors même que le total des fonds additionnels mis à disposition pour la mise en œuvre de ce plan s'élève à 20 milliards d'euros à peine.

Pour le reste, les États membres peuvent en théorie utiliser pour la mise en œuvre de ce plan les prêts résiduels octroyés au titre du Plan de relance pour l'Europe, adopté après le plus fort de l'épidémie de Covid-19, ou bien de transférer les fonds d'autres politiques de l'UE (en particulier celles en lien avec la cohésion et le développement rural). Mais ces transferts, s’ils se font, seront de toute manière largement insuffisants. Les auditeurs de l'UE tirent donc la sonnette d'alarme: le montant total des fonds effectivement disponibles risque de ne pas suffire pour couvrir les besoins d'investissement estimés.

Un plan européen… mais qui laisse toutes les décisions aux États membres

Le défaut majeur du plan REPowerEU, qui le rend peu viable, réside dans le fait que ce plan se limite à énoncer des objectifs, esquisse les grandes lignes de la marche à suivre mais fait l’impasse sur les moyens qui peuvent être mobilisés à ces fins. Dans les faits, c’est à chaque État membre de décider comment il va s’y prendre pour assurer ses approvisionnements en énergie. Cela dit, difficile de dire que ce plan constitue une réponse coordonnée…

Enfin, ce plan ne prend pas nécessairement en compte les réalités de la production et du transport de l’énergie. Les États membres ont été les seules parties prenantes à prendre part à la rédaction de ce plan, pas les énergéticiens… qui seront de fait chargés de le mettre en œuvre.

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