Bruno découvre un risque majeur pour l’industrie française dont la production chute de 10% !

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Par Charles Sannat Modifié le 14 octobre 2022 à 10h47
Investissements Industrie 2021 2
26,80%Sans bouclier tarifaire, le prix du gaz aurait augmenté de 26,80% sur un mois en août 2022.

Haaaaa, notre Steve Austin en col roulé, notre lumière du ministère, notre phare dans le cauchemar économique, notre vedette de la dette vient de parler.

Il vient d’entrevoir la lune, je dis bien entrevoir, parce que notre Bruno n’a pas encore franchi le Rubicon, son Rubicon.

Je l’aime notre Bruno. On sent bien qu’il a tout compris le pauvre bougre et qu’il est coincé de tous les côtés. Manu, Babeth-la-doudoune, sans oublier la Cruelle von-der la hyène, qui veut faire la guerre au monde entier. Pas facile de composer avec tout ça. Mettez-vous à sa place 30 seconde. Zut, quoi, faites preuve d’empathie.

La hausse des prix de l’énergie réduit de 10 % la production industrielle, dit Le Maire

Et là les enfants, il va falloir vous accrocher, parce que ce que nous savions, vous, mes poules et moi depuis des mois (sans oublier mon chat Grisouille) Bruno vient de le découvrir et là franchement faut se pincer pour y croire !

« La hausse des prix de l’électricité et du gaz va entraîner une baisse de 10 % de la production industrielle en France au quatrième trimestre, a déclaré jeudi le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire.

Cette inflation des prix de l’énergie « continue de pénaliser une grande partie de l’économie française », a dit Bruno Le Maire aux journalistes à l’issue d’une réunion avec les fédérations professionnelles sur les conséquences de la crise énergétique pour les entreprises.

« S’agissant de l’industrie, l’estimation (…) c’est que cette augmentation des prix de l’électricité et des prix du gaz conduit pour le quatrième trimestre à une réduction de 10 % de la production industrielle en France », a-t-il ajouté, évoquant un « risque majeur » pour l’industrie française ».

Un risque majeur… voilà. C’est ça mon Bruno que l’on essaie, nous, du haut de nos greniers et du bas de ton ministère de te dire. Un risque majeur, énorme, colossal, quoi, et qui n’est même pas un risque mais une évidence qui est en train de se matérialiser dans tes statistiques ! Mais le problème des statistiques, quand bien même elles sont vraies, c’est qu’elles arrivent toujours, je dis bien toujours, trop tard.

On ne dirige pas avec les statistiques.

On administre avec les statistiques.

On administre par temps de paix, par temps calme.

Quand soufflent les vents des crises, des guerres ou de l’histoire, on n’attend pas les statistiques.

On dirige avec le coeur et avec l’esprit. On dirige avec une vision et des anticipations.

Selon Bruno qui nous sort une lemerderie « pour être rentable faut cesser de produire » !

« Les industriels (…) n’ont pas d’autre choix pour être rentables que de réduire leur production », a poursuivi le ministre de l’Economie, estimant qu’il y avait « quelques mois difficiles à faire passer ».

Elle est bien bonne celle-là. Pour être rentable faut réduire leur production ! Mon bon Bruno, les entreprises qui utilisent beaucoup d’énergie que l’on appelle pompeusement les « électro-intensifs » ils ne réduisent pas mon Bruno. Ils coupent. Ils éteignent. Ils cessent de produire. C’est pour ça que tu as un -10 % sur la production industriel. Oui le -10 % tu ne le sais pas encore mais au poker on dirait « pour voir ». Ce sera bientôt bien pire, car quand les premiers maillons de la chaîne cessent la production c’est toute la chaîne productive qui va cesser car tout est imbriqué.

La partie visible de l’iceberg

« Roland Lescure, ministre délégué à l’Industrie, a précisé que 350 entreprises avaient jusqu’à présent sollicité un soutien des pouvoirs publics via les différents mécanismes mis en place, tels que des rééchelonnements de dette ou des aides à l’activité partielle, mais qu’il s’agissait là seulement de « la partie visible de l’iceberg ».

La partie visible de l’iceberg, oui, nous sommes en pleine métaphore du Titanic.

Notre Bruno pense sans doute encore que nous sommes insubmersibles, pourtant, nous allons couler, nous allons tous couler si le gouvernement ne prend pas la mesure de la profondeur de la gravité de la situation. Personne, personne, aucune société, aucune commune, aucune entreprise, aucune association, groupement ou GIE et tout ce que vous voulez ne peut résister à une multiplication par 30 de sa facture d’électricité.

Personne.

Je crois qu’à Bercy, ils n’ont toujours pas compris parce qu’ils pensent sincèrement que l’on va passer un coup de téléphone au ministère pour solliciter une aide ou une haute autorité à la médiation de ma facture !

Dans les faits, les gens cessent la production, et quand ce ne sera plus tenable, ils déposeront tous leur bilan. Ce sera à partir de mai 2023 que tout cela commencera à se voir dans les statistiques.

Toujours trop peu, toujours trop tard.

Mes poules, elles, savent exactement ce qu’il va se passer si le bouclier tarifaire n’est pas étendu à toutes les personnes morales. Mieux, l’idéal serait de sortir du mécanisme européen de fixation des prix de l’électricité qui est un mécanisme mortifère et totalement hallucinant puisque nous produisons l’électricité la moins chère d’Europe mais nous devons la vendre à un prix de marché délirant basé sur le mode de production le plus coûteux !

L’Espagne et le Portugal, eux, en sont déjà sortis.

Allez, mon Bruno, la star de Bercy, la France compte sur toi, pas sur tes cols roulés !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

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Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.

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