Trop de centenaires au Japon : plus de bol à saké pour leurs 100 ans ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 21 août 2015 à 7h36
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40%40% de la population japonaise pourrait avoir plus de 65 ans en 2050 selon les projections.

Ce n'est sans doute pas un problème qui va frapper la France mais c'est un problème qui frappe actuellement le Japon : il y a trop de centenaires. Si c'est une réussite en termes de longévité et d'espérance de vie, c'est aussi un coût pour la société et l'Etat. Alors le gouvernement pense à faire des économies en réduisant... les cadeaux offerts pour les cent ans.

Un bol à saké en argent : le Sakazuki

Depuis 1963, lorsque les centenaires n'étaient qu'au nombre de 153, le gouvernement offre à toute personne atteignant les 100 ans un Sakazuki, un bol à Saké en argent massif utilisé pour les grandes occasions. Un bel hommage dans un pays où les "anciens" sont révérés et respectés comme il se doit.

Mais voilà, en 50 ans le nombre des centenaires a explosé : en 1998 on en comptait une dizaine de milliers dans l'archipel et aujourd'hui les estimations parlent de 59 000 au minimum, les chiffres réels ne seront connus que le 15 septembre 2015 lors du traditionnel Senior's Day. Le nombre de centenaire ne semblant pas se réduire, bien au contraire, le gouvernement doit prendre des mesures avant que le coût des cadeaux ne soit insupportable.

Presque 2 millions d'euros... en cadeaux pour les centenaires ?

Celle qui avait commencé comme une dépense raisonnable pour célébrer les personnes âgées a commencé à se retourner contre le gouvernement japonais : en 2014 quelques 1,8 millions d'euros ont été dépensés en bols à saké d'argent et en lettres de félicitation. Réduire le diamètre de la coupe, une réforme déjà instaurée il y a quelques années, n'aura pas suffit à endiguer ce coût croissant.

Surtout qu'au Japon on estime que 40% de la population aura plus de 65 ans aux alentours de 2050. Le gouvernement n'a plus de choix : il pense à supprimer le Sakazuki et n'offrir que quelque chose de moins précieux... voire juste une lettre de félicitations.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio