Poker en ligne : trop de pression fiscale ?

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Par Rédaction Modifié le 17 février 2014 à 13h36

Le 30 septembre 2013 a été une date passée tout à fait inaperçue dans les médias, mais pas dans le monde du poker en ligne.

Après son ouverture lors de la régulation du marché français des jeux en ligne en 2010, barrierepoker.fr, site de poker créé en collaboration avec le casinotier Lucien Barrière et la Française des Jeux, n’a pas tenu le choc. Tout avait pourtant été fait pour attirer les joueurs : logiciel original et performant, large offre de tournois, et une présence en live remarquable grâce à une Team Pro et l’organisation des World Series Of Poker (équivalent de la Coupe du Monde de football). Mais il a bien fallu se rendre à l’évidence : les résultats financiers n’y étaient pas.

« Crise » pour les circonstances ne serait qu’un mot magique pour nommer ce dont l’explication n’a rien d’évident. Le secteur des jeux d’argent, tout comme celui du luxe, n’est guère touché dans de telles conjonctures. Le vivier de joueurs reste stable ou à peu près, même si la diminution des mises en cash-game reste une tendance de fond quelque peu inquiétante. Mais une entreprise, qui plus est quand il d’agit d’une alliance entre un casinotier de longue date et la FDJ, peut y réussir. Alors pourquoi un tel échec ? Les raisons remontent plus loin. La régulation en elle-même avait fait fuir ou renoncer certains acteurs en .com, car qui dit régulation dit certes offre de jeu plus limitée, mais surtout fiscalité.

D’autres acteurs ont essayé malgré tout. Citons trois noms : Chilipoker, soutenu par Free et donc le groupe Iliad, Sajoo d’Amaury Médias (en somme, l’Equipe), et Eurosport Poker. A l’été 2012, tous ferment successivement leurs portes. Raison invoquée : non pas que le marché français manquerait d’opportunités, ni parce qu’il est largement dominé par deux acteurs, mais parce que la pression fiscale ne permet pas ou peu, pour un nouveau venu, de devenir dans un laps de temps raisonnable rentable. Barrière s’y essaya trois ans…

Aujourd’hui, seuls Winamax et PokerStars sont les grands gagnants du poker en France. Le PMU tire lui aussi son épingle du jeu, notamment parce qu’il parvient à convertir ses adeptes traditionnels, avec une offre de bienvenue alléchante (utilisation de ce code promo de PMU par exemple) et grâce à son admission dans un réseau de poker puissant qui en fait le 3è acteur. Pour les autres, la fiscalité représente toujours une menace à plus ou moins long terme. Et cela ne devrait pas s’arranger au moins avant la fin du quinquennat. Le poker en France n’a rien d’un business nageant dans le luxe et enveloppé de paillettes.

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