Chômage, économie... les Français sont largement pessimistes pour 2016

26 %
Seuls 26% des Français sosnt optimistes pour l'économie du pays en
2016.

Q1 : Selon vous, La volonté affichée du Premier ministre de travailler sur l'emploi avec les présidents de région va-t-elle améliorer l'efficacité des politiques de lutte contre le chômage ?

•             Sous total "oui" : 45%

•             Sous total "non" : 54 %

•             NSP : 1%

54% des Français interrogés considèrent que les annonces du Premier ministre en matière de lutte contre le chômage, en lien avec les Présidents de région, ne vont pas améliorer la situation de l’emploi en France ?

Si les élections régionales, dont le deuxième tour s’est déroulé dimanche dernier, ont probablement transformé le microcosme politique français et, peut-être, rebattu les cartes en vue de la présidentielle en 2017, elles n’ont pas pour autant fait disparaître la question de l’emploi du débat public. Ce sujet demeure le point crucial de l’élection présidentielle à venir, singulièrement pour François Hollande qui en a fait la condition de sa candidature. C’est pourquoi, au lendemain même du scrutin, le Premier ministre a annoncé vouloir réformer la formation des chômeurs, renégocier l'assurance chômage avec les partenaires sociaux et transformer l'apprentissage, en lien avec les présidents de région.

Ce faisant, Manuel Valls a réussi un coup de communication de premier ordre qui est à la fois une double réussite et une grosse prise de risque. C’est une réussite pour deux raisons :

•             D’abord à titre personnel : le Premier ministre reprend, dès le lendemain de l’élection, la main sur les annonces gouvernementales et montre qu’il est à la manœuvre. En reprenant à son compte les annonces de mesures de lutte contre le chômage, il place dans un corner politique le ministre de l’économie Emmanuel Macron qui avait fait de la loi NOE l’alpha et l’oméga des mesures de lutte contre le chômage de la fin du quinquennat ;

•             Ensuite, d’un point de vue global pour l’exécutif : Après les annonces du président de la République sur la sécurité suite aux attentats de novembre dont certaines sont d’ores et déjà abandonnées, il replace la question de l’emploi au centre du jeu médiatique la question sociale au cœur du débat politique. Ces annonces lui permettent de retrouver une zone d’action politique et non pas de réaction à une situation provoquée et donc de prendre la main sur le cours des événements. Ce faisant, il siffle officiellement et dès le lendemain des régionales le lancement de la course vers 2017.

Pour autant, ces annonces comportent des risques. En effet, elles devront nécessairement produire des effets pour espérer toucher l’opinion publique. Il reste moins de 18 mois à l’exécutif pour réussir son pari de faire reculer le chômage. Les résultats du sondage montrent que les Français sont pessimistes sur la capacité des mesures annoncées de produire des effets positifs dans la lutte contre le chômage et l’exécutif devra s’employer pour obtenir rapidement des résultats.

Si des résultats positifs seraient considérés par l’opinion publique comme une réponse positive au message que les Français ont envoyés aux « partis politiques de gouvernement » aux élections régionales, un échec supplémentaire compliquerait irrémédiablement la candidature de François Hollande à sa propre réélection.

Q2 : Etes-vous optimiste ou pessimiste pour l'économie française 2016 ?

•             Sous total "optimiste" : 26%

•             Sous total "pessimiste" : 73%

•             NSP : 1%

73% des Français interrogés se déclarent pessimiste pour l’économie en 2016.

Si on savait les Français pessimistes par nature, les résultats du sondage d’aujourd’hui montrent que les Français interrogés frisent la dépression. En effet, 73% des Français interrogés dans le sondage de cette semaine affirment être pessimistes pour 2016 en matière économique.

Il y a mille raisons qui peuvent expliquer ces résultats : la conjoncture internationale et les perspectives d’une guerre de longue durée au Moyen Orient, la reprise économique dont les effets tardent à opérer en France, par les chiffres du chômage, la situation politique intérieure, les attentats récents, etc.

Et pourtant, au-delà même de la situation politique, l’optimisme et le pessimisme sont des valeurs qui revêtent une importance capitale au niveau économique. L’optimisme peut créer un cercle vertueux. Voici comment il peut se traduire : l’optimisme des ménages et des entreprises entraine la confiance, qui entraine une hausse de la consommation, qui entraine une hausse de la croissance, qui entraine une baisse du chômage qui entraine une augmentation de l’optimisme etc.

En communication, ces chiffres doivent être interprétés pour ce qu’ils sont : une large inquiétude pour l’avenir économique de la France qui a connu des traductions politiques récentes et une montée de l’extrême droite.

Pour les dirigeants politiques, au premier rang duquel se trouve le couple exécutif, la solution se trouve dans l’obtention de résultats économiques rapides et en tout état de cause par la scénarisation positive de tous les résultats qui pourraient redonner de l’optimisme aux Français. En effet, si les effets de l’optimisme décrits précédemment sont très positifs pour l’économie, ceux qui résultent d’un pessimisme exacerbé sont dévastateurs… 

Sondage exclusif TILDER/LCI/OpinionWay du 17 décembre 2015


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