SMIC + 2 % : une augmentation qui n’en est pas une !

Par Olivier Boudon Modifié le 25 juin 2012 à 20h03

Les clignotants de l'économie sont passés à l'orange. Le taux de marge des entreprises françaises est désormais le plus faible d'Europe. En effet, les délais de paiement, y compris publics, s'allongent menaçant directement la pérennité des entreprises les plus fragiles alors même que les banques rechignent à financer les crédits court terme.


La dégradation de la conjoncture est telle qu’il aurait été incompréhensible que le gouvernement persiste à vouloir augmenter le SMIC de manière considérable. Cela aurait mis en danger des milliers de TPE/PME dans l'incapacité de supporter une augmentation de leur masse salariale alors même que leurs marges se contractent. "L'effet de ciseau" aurait alors été ravageur pour l'économie et pour l'emploi.

Nous sommes en pleine démagogie, cette augmentation n’en est pas une, se déroule dans le calendrier légal et aurait surement eu lieu avec le gouvernement précédent ! Fort heureusement, nous sommes loin de celle proposée par Jean Luc Mélenchon au cours de sa campagne, qui aurait eu quand à elle, des conséquences dramatiques sur les entreprises et notamment sur les PME.

Si on fait un rapide retour sur l’histoire du système social français, on constate que le SMIC est régulièrement réévalué. Par exemple au 1er juillet 2007, le taux horaire était passé à 8,44 euros, soit une hausse de 2,1 % par rapport au précédent montant. Savez-vous de combien le SMIC avait été augmenté au 1er Décembre 2011 suite à l’évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC) de novembre 2011 ? Ce SMIC a été augmenté de 2,1 % !

Depuis le 1er janvier 2012 : le Smic est fixé à 9,22 euros brut de l'heure, soit 1.398,37 euros brut par mois pour 35 heures. Avec une réévaluation de 2 %, le salaire mensuel net sera donc augmenté d’environ 22 euros !!!

Comment voulez vous que cela puisse avoir une incidence sur l’économie si ce n’est d’avoir alourdi un peu plus la masse salariale des entreprises ? Ce n’est pas avec 22 euros de plus par mois chez les salariés rémunérés au SMIC que la relance par le pouvoir d’achat (irréalisable compte tenu des conditions économiques mondiales actuelles) va se réaliser !!!

La question se posera plus auprès des 51,64 % d’électeurs qui ont choisi François Hollande sur un programme social ou l’austérité n’était pas de rigueur... et la croissance, le nouveau moteur de l’économie.

Président de la  CGPME - Confédération Générale des Petites et Moyennes Entreprises de l'Essonne (91).