La « stratégie de la peur », pour quelles conséquences ?

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Par Jacques Martineau Publié le 7 juin 2022 à 15h22
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5%L'inflation en France en mai 2022 a dépassé les 5% sur un an.

Dans la plupart des pays occidentaux le pouvoir des politiques se résume à l’application de la « stratégie de la peur ». Le contexte international, économique, financier, environnemental et conflictuel sert de toile de fond à un « tableau » peu encourageant. Chaque État y rajoute ses particularismes, déficit, chômage, social, immigration, etc. Les citoyens sont inquiets.

Le pouvoir en place maîtrise la situation et se veut rassurant

Cela est de plus en plus vrai depuis ces dernières années, les personnes pauvres, les plus âgées et les demandeurs d’emploi ont besoin d’être rassurés. Les actifs sont muselés, minoritaires électoralement et ne sont pas écoutés. Les plus entreprenants finissent par se décourager. De promesses en promesses, le « parler pour ne rien dire » ne passe plus. Mais la « loi du silence » pour masquer la réalité des problèmes se traduit par un immobilisme de confort pour les « pouvoirs en place ».

Pourquoi faire semblant et parler d’indices bien ajustés pour ne déplaire à personne ? Le panier des ménages en souffre. La consommation baisse. On vit, pour les plus faibles, jusqu’au 15 du mois. Les pénuries s’accumulent, les prix augmentent, l’inflation progresse, la croissance est négative et les conflits sociaux vont se multiplier. Il ne faut pas s’inquiéter. Le pouvoir politique est là pour nous rassurer, puisque sans lui ce serait la catastrophe au nom de la « stratégie de la peur ». Le dialogue et le débat ne font pas partie du jeu ! Il ne se trompe jamais. Ses propos se résument à des slogans : « Les réformes et les projets de lois seront là pour pallier les inégalités et pour bâtir l’avenir des citoyens dans le cadre d’une Union européenne solidaire ». On a tendance naturelle à oublier la France et sa situation dans le monde.

La guerre en Ukraine confirme que nous ne sommes pas seuls

Aux confins de l’Europe, le conflit ukrainien s’est terminé par une guerre avec la Russie. Au-delà des raisons, des responsabilités et des origines, on voit s’accumuler de jour en jour des victimes, des destructions massives, sans être en mesure d’en deviner la fin.

A propos des conséquences de la guerre en Ukraine, l’Union européenne et bien entendu la France en subissent les conséquences. Si encore tous nos dirigeants français et européens continuent à faire semblant de l’ignorer, on n’ira pas bien loin. Les États-Unis de l’Oncle Sam sont là pour nous le rappeler. La « stratégie de la peur » à l’échelle continentale prend tout son sens avec l’OTAN élargie, le prolongement des combats, le surarmement ukrainien pour affaiblir la Russie, une guerre par procuration.

A échéance indéfinie, les inévitables futures négociations avec la Russie, ce sera encore les Etats-Unis et l’OTAN. Après la fourniture et la vente de leurs armements, à une grande partie des pays européens, à commencer par l’Allemagne, confirmation du non-sens d’une défense européenne, « ils » seront là pour la fourniture de gaz, de pétrole, de matières premières et de ressources agroalimentaires. Pour finir l’Union européenne deviendra complice de sa « stratégie de la peur », accompagné par ses « porte-parole » : le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France sera plutôt contrainte à la « loi du silence », tout en étant d’accord.

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Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.