La télémédecine fait son chemin dans notre quotidien

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Par Partenaire Modifié le 2 janvier 2017 à 14h12
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27,5 %D'ici à 2021, le marché d'« e-santé » devrait afficher un taux de croissance annuel composé de 27,5 %.

Vieillissement de la population, prévalence accrue de maladies chroniques et «déserts médicaux » : la télémédecine n’a jamais été autant d’actualité. Au point qu’un think-tank prédise à ce secteur un rythme de croissance de plus de 25 % par an.

Des raisons multiples

L’engouement pour les soins médicaux à distance n’a jamais été aussi grand, et ce n’est que le début. D’ici à 2021, tous pays confondus, le marché d’« e-santé » devrait afficher un taux de croissance annuel composé de 27,5 %, selon le cabinet de consultants ReportsnReports. Celui-ci évalue le chiffre d’affaires du secteur à 2,78 milliards de dollars, une somme qui devrait atteindre 9,35 milliards de dollars d’ici 2021. Les raisons de cette rapide croissance diffèrent selon les pays. Au Japon, elle est poussée par un rythme effréné du veillissement de la population, en Inde elle est due à une pénurie de médecins, et au Canada, c’est les grandes distances et l’éloignement d’une grande partie de la population des structures médicales qui pousse le développement du secteur, estiment les auteurs de l’étude.

En France, le processus est enclenché

En France, un décret paru le 6 décembre 2016 au Journal Officiel reconnaît la télémédecine comme un moyen valable pour le traitement de certaines affections de longue durée (ALD). La loi prévoit que les médecins pourront s'engager dans des pratiques de téléconsultation et de téléexpertise chez des patients souffrants de certaines maladies chroniques : l'insuffisance cardiaque chronique, l'insuffisance respiratoire chronique et l'insuffisance rénale dialysée et transplantée. Le diabète et l’impuissance sexuelle, qui en est souvent tributaire, devraient faire l’objet d’un nouveau décret début 2017.

Rappelons que la télémédecine, légale en France depuis avril 2015, concernait jusqu’ici uniquement les plaies chroniques ou complexes. Ce mode de traitement, encore nouveau dans l’Hexagone, ne fonctionne que dans neuf régions pilotes : l’Alsace, la Basse-Normandie, la Bourgogne, le Centre-Val-de-Loire, la Haute-Normandie, le Languedoc-Roussillon, la Martinique, les Pays-de-la-Loire et la Picardie. Le tarif d’une consultation à distance varie de 26 à 43,70 euros, selon la spécialité du médecin, soit 3 euros de plus que le tarif d’une consultation traditionnelle.

Une faisabilité limitée

Toutefois, il serait maladroit d’affirmer que la télémédecine est un outil miracle capable de se substituer complètement aux consultations traditionnelles. Une étude de faisabilité menée par le CNRS auprès de patients souffrant de diabète de type I et II a révélé que 63,4 % n'étaient pas entièrement autonomes pour la réalisation des injections d'insuline et 34,1 % ne l’étaient pas pour les glycémies capillaires. La présence d’un aidant ou d’une infirmière à domicile s’avère donc obligatoire dans certains cas. Par ailleurs, une partie des patients suivis ont fait part de difficultés dans la manipulation d'un nouveau matériel et ont estimé que la perte de contact « physique » avec un médecin et une infirmière était source de craintes.

Dans d’autres domaines médicaux, comme le suivi de patients ayant subi une greffe rénale, la télémédecine peut en revanche s’avérer un bon choix. Au CHU de Nantes, les patients chez qui le risque de rejet de l’organe greffé est estimé comme faible font des économies substantielles en optant pour un suivi à distance. Ils saisissent eux-mêmes les résultats de leurs analyses dans le logiciel de communication avec le médecin. Par ailleurs, la tablette numérique qui leur est remise permet d’alerter immédiatement un médecin si des signes cliniques anormaux apparaissent.