Total : Christophe de Margerie meurt dans un accident d’avion à Moscou

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Par Jean-Baptiste Giraud Modifié le 29 novembre 2022 à 10h08

Accident ou attentat délibéré contre le patron d'un des géants mondiaux de l'énergie ? Une enquete criminelle a été ouverte pour tenter de déterminer comment le drame a pu se produire.

Mardi 20 octobre 2014 vers 22 heures, le jet d'affaires de Christophe de Margerie a percuté au décollage un engin de déneigement sur l'aéoroport de Vnoukovo près de Moscou, l'un des trois aéroports internationaux de la capitale russe, disposant d'un espace réservé aux avions privés. D'après les premiers éléments de l'enquête, l'engin de déneigement à l'origine de l'accident (et dont le conducteur est sorti sain et sauf de la colision) n'avait rien à faire à l'endroit où il se trouvait, même si l'aéroport était enneigé et nécessitait l'emploi d'engins pour dégager les pistes. On apprend mercredi matin que le conducteur de la déneigeuse était ivre au moment des faits. Le drame a provoqué, outre la mort de Christophe de Margerie, 63 ans, père de trois enfants, marié, patron du groupe Total depuis 2010, celle des trois membres de l'équipage de l'avion.

Total est fortement investi dans l'exploitation d'hydrocarbures en Russie, et pourrait même devenir la zone de production numéro un pour le groupe français d'ici cinq ans. Christophe de Margerie venait d'assister à la rencontre annuelle entre le gouvernement russe et les investisseurs étrangers, le "Foreign Investment Adviasory Council", et avait rencontré dans l'aprés-midi le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev.

Après le départ précipité mardi 14 octobre dans la journée de Luc Oursel de la présidence du directoire d'Areva, pour raisons de santé, sans plius de précisions, pour lequel le gouvernement va devoir trouver un remplaçant rapidement, le décès accidentel du PDG d'un autre géant de l'énergie français, Total, mets ces deux grandes entreprises françaises, leader de l'énergie dans le monde, sous le feu de l'actualité. A elles deux, elles emploient plus de 180 000 salariés dans le monde.

Le poste de PDG de Total pourrait être confié, au moins provisoirement, à Philippe Boisseau, actuellement directeur général de la branche marketing et services, ou à Patrick Pouyanné, directeur de la branche raffinage du pétrolier. Un comité de direction exceptionnel se tiendra dans la matinée au siège de Total, à Paris.

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Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016. Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Il a également été éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018.   Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).