Transition énergétique : les Territoires ont l’envie, pas encore tout à fait les moyens

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Par Thierry Legrand. Modifié le 29 novembre 2022 à 10h07

La transition énergétique (TE) est sur toutes les lèvres, mais est-elle également présente sur l’agenda des divers acteurs, notamment territoriaux, qui doivent la conduire ? Ces derniers ont-ils déjà commencé à se retrousser les manches ? A-t-on dépassé le stade de la réflexion pour laisser place à l’action ? Sur quelles thématiques précisément ? C’est à toutes ces questions brûlantes et bien d’autres encore que répond une étude du cabinet d’études et de conseil GALLILEO. Instructif.

La transition énergétique ne joue plus l’arlésienne. Après avoir longtemps été une abstraction, éléphant blanc aux contours vagues, il semblerait qu’elle se matérialise de plus en plus dans l’esprit des Français, qui sont 78 % à déclarer connaître le sujet, selon une récente étude IFOP, et 40 % à envisager faire des travaux énergétiques, dont 20 % d’ici moins de deux ans.

Le message semble avoir largement été diffusé auprès des Français, et l’Etat n’y est pas pour rien. François Hollande a fait de l’exemplarité environnementale l’une des lignes de force de son quinquennat, comme il le rappelait encore jeudi 27 novembre, lors de la première matinée de la 3e conférence environnementale : « S’engager pour la planète c’est redonner tout son sens à ce que j’ai voulu pour mon quinquennat : redonner espoir aux jeunes et leur permettre de vivre mieux ». Les mécanismes incitatifs suivent, notamment concernant la rénovation des bâtiments, avec la mise en place du Crédit d’impôt transition énergétique (CITE), de la TVA à taux réduit ou de l’Eco-PTZ.

Enfin, l’Union européenne n’est pas indifférente non plus. Une large partie des 300 et quelques milliards d’euros du plan de relance de Jean-Claude Juncker devrait être allouée à la TE. Et les Territoires dans tout cela ? Quel est leur degré d’investissement ? Selon une étude de GALLILEO, il est loin d’être négligeable, mais gagnerait à s’affirmer du côté des banques et des énergéticiens.

91 % des Communautés de communes (CC) et des Communautés d’agglomération (CA) se sentent concernées sur leur territoire par la transition énergétique. Autant dire une écrasante majorité. Elles sont 93 % à s’être engagées dans la TE au moins par une réflexion sur leur politique énergie-climat. Petit bémol toutefois, 40 % des Territoires ont encore une vision imprécise des actions et leviers en faveur de la TE.

Surtout, CC et CA pâtissent encore trop du manque de financement pour leurs projets. Elles sont 90 % à exprimer cet avis. Les financeurs les plus attendus sont tout naturellement les banques (55 %) suivies des énergéticiens (49 %) et des acteurs du BTP (40 %). Ces lacunes budgétaires se reflètent sur le plan de l’action. Si une très large majorité des CC et CA ont avancé sur la thématique de la sensibilisation des habitants (74 %), elles rencontrent des difficultés à aller plus loin. Ainsi, si 2/3 des Territoires interrogés par GALLILEO ont « amorcé des actions sur la rénovation du patrimoine public, 60 % sont en situation de difficulté pour mettre en œuvre des actions nouvelles sur cette thématique ».

Jeanne Frangié, vice-président de GALLILEO, précise : « Pour les accompagner à répondre au défi de la Transition Energétique, les Territoires attendent une présence plus forte des acteurs privés sur leurs enjeux et leurs besoins. C’est un enseignement fort de l’étude : le clivage public-privé s’adoucit sur cet enjeu commun de la Transition Energétique. Deux typologies d’acteurs sont à ce titre particulièrement attendues : les énergéticiens et les banques. Les résultats de l’étude légitiment l’intervention des banques et des énergéticiens sur les aspects techniques et financiers des projets. »

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