François Fillon agace de plus en plus à l’UMP

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Par JOL Press Publié le 12 septembre 2013 à 11h50

Il était le candidat malheureux de l'élection à la présidence de l'UMP. Il est désormais à l'origine d'un grand malaise au sein du premier parti de l'opposition. Le 9 septembre François Fillon conseillait, en cas de duel municipal FN contre PS, de choisir le « moins sectaire ». Mais ce n'est pas tout, le parti menace de déballer au grand jour le traitement de faveur dont il a bénéficié ces dernières années s'il persistait à mettre en cause publiquement certains salariés de l'UMP. Ambiance...

Mais quelle mouche a piqué François Fillon ? En estimant dimanche qu'il faudrait voter pour « le moins sectaire » des candidats en cas de duel PS-Front national au second tour d'une élection municipale en 2014, l'ancien Premier ministre a déclenché un tollé au sein de son parti.

Et tout cela à l'air très assumé : « Je revendique ma liberté. Je ne veux plus de cette règle stupide du 'ni-ni' », expliquait-il le lendemain dans un entretien au Figaro.

Des « précisions » sur l'état des finances

Mais ce n'est pas tout, mardi dernier, lors de la réunion hebdomadaire des responsables du parti, François Fillon n'a pas hésité à réclamer avec véhémence des explications sur les comptes de l'UMP. Et ce n'est pas la première fois : en juillet déjà, il avait demandé au parti des « précisions » sur l'état des finances, le programme de redressement financier et la liste « des collaborateurs d'anciens ministres salariés à l'UMP et des contrats qui lient l'UMP à certains prestataires », avait confié un membre du parti au Figaro.

Si, à l'époque, cette demande avait été perçue comme légitime par Jean-François Copé lui-même, il semblerait à présent que l'ancien Premier ministre agace furieusement. S'il « persiste à mettre en cause publiquement certains salariés de l'UMP, il entendra parler du passé », et notamment du « traitement de faveur » dont il aurait bénéficié, aurait menacé l'UMP, selon l'Express. « Deux périodes sont (ainsi) visées : celle qui vit son éviction du gouvernement pendant la présidence Chirac, entre 2005 et 2007 ; et quand il était chef du gouvernement, entre 2007 et 2012 ». L'ancien locataire de Matignon n'a qu'à bien se tenir...

Qui Fillon agace-t-il le plus à l'UMP ?

Mardi dernier François Fillon demandait, en outre, rendez-vous à la trésorière Catherine Vautrin, proche de Jean-François Copé. Or, selon l'Express, il semblerait que le poste de trésorier est le seul qui n'ait pas été dédoublé : tous les autres sont détenus par un filloniste et un copéiste. Il est fort à parier que le président de l'UMP ne voit pas d'un très bon œil cet entretien qui doit avoir lieu la semaine prochaine. François Fillon serait-il prêt à déclencher une nouvelle crise au sein de son parti ?

En réalité ce que l'ancien Premier ministre souhaiterait voir de plus près, ce sont les contrats de Geoffroy Didier, « conseiller » de Brice Hortefeux, et de Guillaume Peltier, qui a fourni des études d'opinion pendant la campagne présidentielle. A l'heure où le parti cherche des fonds, François Fillon aimerait savoir si les deux initiateurs de la « Droite forte » travaillaient de façon légale au sein du parti. Une petite enquête interne que Nicolas Sarkozy doit être bien loin d'apprécier.

Que cherche François Fillon ?

Mais en agissant de la sorte que cherche-t-il ? A jouer la carte de l'exemplarité ou à montrer à Jean-François Copé que les petits arrangements entre amis ne seront désormais plus autorisés au sein de l'UMP ? François Fillon est incontestablement en quête de légitimité. Sa candidature prématurée à la présidence de 2017 l'a mis en position délicate vis-à-vis de sa famille politique. Aussi doit-il s'imposer comme une autorité morale, affirmer son indépendance et ne pas craindre les colères de son parti.

« M. Fillon est plus préoccupé par sa carrière que par ce qu'il se passe en France », lançait en mai le député UMP Patrick Balkany. « Son éventuelle candidature me rappelle celle de Dominique de Villepin qui disait toujours je serai candidat quoi qu'il arrive, or je vois beaucoup de gens qui me disent toujours Nicolas, reviens. Personne ne me dit jamais François Fillon, reviens ». On ne gagne que trop rarement à vouloir faire cavalier seul M. Fillon...

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