Les États-Unis accusés de protectionnisme sur les véhicules électriques

9,8 %
En 2021, les voitures électriques représentaient 9,8% du marché.

Le terme n’est pas employé, mais l’idée est là : les États-Unis veulent adopter une mesure protectionniste au niveau du marché des voitures électriques. L’idée est sournoise : ne pouvant pas interdire la vente de véhicules importés, ce qui reviendrait à imposer des sanctions économiques, ils veulent inciter financièrement les Américains à acheter local.

Une aide pour l’achat d’un véhicule électrique… soumise à conditions

En France, le bonus écologique visant à réduire la facture finale en cas d’achat de véhicule électrique a des conditions d’attribution qui ne sont que fixées sur la base du prix. Objectif : cibler les ménages modestes et éviter d’attribuer des aides pour des véhicules de luxe. Mais il n’y a aucune condition concernant le lieu de fabrication dudit engin.

Or, c’est justement ce que veulent faire les États-Unis, dans le cadre du crédit d’impôt de 7.500 dollars qui devrait être instauré pour l’achat d’une voiture électrique. Selon le projet, qui a de fortes chances d’être adopté, cette aide ne pourrait être obtenue que si la voiture est fabriquée aux États-Unis et dispose d’une batterie fabriquée également dans le pays.

Une manière de contrer la concurrence, notamment chinoise, qui risque d’avoir de fortes conséquences sur les ventes des constructeurs du monde entier.

L’Union européenne monte au créneau… mais même des constructeurs américains pourraient en souffrir

Une aide limitée de cette façon ne plaît guère à l’Union européenne qui craint, logiquement, un risque pour les constructeurs du Vieux continent qui n’ont pas d’usine outre-Atlantique. « Ce projet de loi touchant aux échanges commerciaux transatlantiques est discriminatoire pour les constructeurs étrangers par rapport aux constructeurs américains », estime l’UE. Pour la Commission européenne, la mesure serait même « incompatible » avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Néanmoins, si elle pénalise effectivement les constructeurs européens, la loi pourrait également toucher les constructeurs américains. Tous ne fabriquent pas leurs batteries dans le pays de l’oncle Sam, même si des projets pour la création d’usines sont prévues. Certains modèles risquent donc d’être exclus de l’aide annoncée à cause de la provenance de leur batterie, ce qui pourrait néanmoins inciter les constructeurs touchés à passer des accords pour se fournir localement.


A découvrir