Vin : la récolte 2013 devrait être plus volumineuse que 2012… Sauf si les orages ont fait des dégâts

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Par Lea Pfeiffer Publié le 9 août 2013 à 6h41

Difficile de faire pire que l'année 2012 et sa récolte historiquement médiocre. Cette année 2013 est, elle, pleine de promesses. Au 1er Août, on estimait que la production de vin allait croître de 11%. Mais ça, c'était avant les orages...

Les chiffres faisaient saliver à l'avance. Sur un an, on attendait une progression de 56% de la récolte en Champagne, une hausse de 25% en Bourgogne et Beaujolais malgré les coulures importantes, 20% de plus qu'en 2012 en Charentes et 11% de hausse pour le Languedoc-Rousillon. Seul bémol, le Bordelais et sa récolte prévue en repli de 8%. En résumé, des millions et des millions d'hectolitres... Dont on ne verra pas la couleur.

Une météo désastreuse pour les vignes

Fin juillet, les vignobles de la côte de Beaune avaient été touchés par de la grêle. Agreste n'avait cependant pas prévu que ces dégâts n'étaient qu'un prologue de l'apocalypse qui allait s'abattre dans le reste des vignobles de France : des milliers d'hectares ravagés à 80%.

Face à ce constat, Agreste réajuste le tir : «Malgré de belles sorties de grappes initiales, la floraison de la plupart des vignobles de taille importante s'est mal déroulée à cause de ces conditions météorologiques défavorables, conduisant aux phénomènes de coulure (chute des fleurs ou des jeunes baies) et parfois de millerandage (baies de petite taille)».

Les crus 2013 et 2014 affectés

Nous, premiers producteurs mondiaux de vin, allons devoir ravaler notre fierté. Car les épisodes de grêle et d'orages vont causer des pertes conséquentes. Le plus lourd tribu devant être supporté par les petites appellations de Bordeaux, Bordeaux supérieur, Entre-deux-Mers et Côtes de Castillon.

Rien que dans le Bordelais, 7 000 des 37 000 hectares de vignes ont été touchés, parfois jusqu'à 100%. Même constat dans le vignoble de Bergerac. Certaines propriétés ont tout bonnement tout perdu. Les grand Bordeaux, les grands crus d'Alsace et le Champagne, en revanche, ont été épargnés. De florissante, la récolte 2013 est passée à faible.

Un véritable bilan ne pourra être dressé qu'en septembre. Du temps est nécessaire pour évaluer les dégâts sur les ceps et déterminer leur capacité de récupération. Les vendanges devraient donc prendre du retard et ne débuter que le 28 septembre.

Quant à la récolte de 2014, elle ne s'annonce pas plus glorieuse. Caroline Chenu (pour lapresse.ca), présidente du syndicat des vignerons de Savigny-lès-Beaune, affirme qu'«il faudra deux ans pour retrouver des bois qui ne seront pas abîmés» car «en 2014, ça va casser et on ne va pas faire une belle récolte».

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Née en 1994, Léa Pfeiffer débute des études en journalisme audiovisuel à l'ISCPA de Paris une fois sortie bachelière de l'Ecole Boulle. Elle écrit occasionnellement des articles pour Economie Matin et le Journal de l'Economie. En parallèle, Léa Pfeiffer a déjà réalisé deux documentaires : "Aveugles 2.0", et "Capitale Zéro Déchêts". @aloonontheweb

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