Volkswagen : la filiale française aurait gonflé les ventes

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 3 juillet 2017 à 6h42
Volkswagen Accord Etats Unis2
11%Volkswagen détient 11 % du marché automobile français.

Décidément, chez Volkswagen, les scandales se suivent. Après plusieurs années de DieselGate, dont le groupe n’est pas proche de voir la fin les enquêtes étant toujours en cours en Europe, voilà qu’un scandale financier aurait explosé au sein du constructeur allemand. Un scandale bien moins grand mais qui concerne la France : les chiffres des ventes auraient été trafiqués.

Volkswagen France a-t-elle triché sur les ventes ?

L’hebdomadaire allemand Die Spiegel lance la bombe ce début du mois de juillet 2017 : un nouveau scandale serait sur le point d’exploser chez Volkswagen. Il ne concerne, pour l’instant, que Volkswagen France et plus précisément les chiffres des ventes remontés par la filiale française à la maison-mère allemande.

Selon Die Spiegel, c’est simple : depuis 2010 la filiale Volkswagen France aurait donné à la maison-mère des chiffres de vente largement supérieurs à la réalité. Toutes les marques du groupe, Audi, Volkswagen, Seat ou encore Skoda, seraient concernées. Mais il semblerait que le scandale n’en soit un que pour le public et les concurrents : chez Volkswagen on était, selon Die Spiegel, au courant depuis des années.

800 000 véhicules annoncés comme vendus…

Le principe de la triche était simple : Volkswagen France a, depuis 2010, gonflé les chiffres transmis à la maison-mère. Pas moins de 800 000 véhicules étaient annoncés comme livrés aux clients alors qu’en réalité ils n’étaient pas immatriculés : ils ne le seront que des mois ou des années plus tard.

Les véhicules ont effectivement été vendus, mais ils avaient été annoncés comme tels plusieurs années auparavant : au final, ça pourrait faire changer le classement symbolique des constructeurs automobiles qui tentent tous de devenir le groupe qui vend le plus d’unités au monde, et ce chaque année.

Die Spiegel dévoile même que la maison-mère aurait été, selon les documents internes qu’il s’est procurés, au courant depuis 2012. Le nouveau patron, Matthias Müller, n’aurait lui été mis au courant qu’en avril 2017. Quelques jours plus tard, Jacques Rivoal, patron de Volkswagen France, quittait ses fonctions. Y voir une corrélation n’est pas compliqué...

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio