Pétrole : fin des exportations pour la Russie et statu quo de l’OPEP

Le marché du pétrole, qui influence directement le prix des carburants à la pompe, a connu un premier week-end de décembre 2022 marqué par plusieurs décisions majeures. Alors que l’OPEP+ a annoncé ne pas revoir sa production, la Russie a déclarer cesser ses exportations. Et sur le marché, le prix du brut a légèrement rebondi.

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 6 décembre 2022 à 13h23
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120 DOLLARSEn mai 2022 le prix du baril de pétrole a dépassé les 120 dollars.

À 60 dollars maximum le baril, la Russie n’exportera plus

La nouvelle sanction contre la Russie, deuxième exportateur mondial de pétrole brut jusqu’en 2021, est lourde. Le prix du baril aura un plafond d’un maximum de 60 dollars, chez les pays appliquant la mesure. C’est deux fois plus que ce que demandait l’Ukraine, qui a tenté de faire pression pour un plafond à 30 dollars, mais bien moins que le prix en Bourse.

La décision a été prise par le G7 et sera appliquée par les pays de l’Union européenne, l’Australie, les États-Unis, le Canada, le Japon ou encore le Royaume-Uni. Si le baril de pétrole est acheté au-dessus du prix fixé, il ne pourra pas être livré par les bateaux des pays appliquant le plafond de prix. Mais ce n’est pas tout : les sociétés d’assurance ou encore les banques ne pourront pas être incluses dans les transactions dès lors qu’elles sont situées dans ces mêmes pays.

La décision du vendredi 2 décembre 2022 va compliquer la vie de la Russie un peu plus, mais Moscou l’a déjà annoncé : dans ces conditions, elle ne vendra plus de pétrole. Alexander Novak, Premier ministre russe, a déclaré que le pays cherchera des « mécanismes pour interdire l’utilisation d’un plafond de prix ». Quant aux ventes, elles ne se feront plus qu’avec des pays « qui travaillent avec nous aux conditions de marché ». Et ce même si cela va conduire à une baisse des exportations.

L’OPEP+ fait fi des sanctions sur le pétrole russe, opte pour le statu quo

Le même vendredi 2 décembre 2022, l’OPEP+, le cartel de l’Or noir, tenait sa réunion mensuelle à Vienne. Il semblerait que la décision de plafonner le prix du pétrole russe ne l’ait pas inquiétée, bien au contraire. La décision, attendue, a été celle du statu quo : pas d’augmentation ni de réduction de la production de pétrole.

La décision vise bien évidemment à maintenir un prix du pétrole en Bourse élevé : augmenter la production l’aurait fait baisser, alors que la croissance économique s’annonce très basse en 2023 avec un risque de récession dans plusieurs grandes économies. L’Allemagne, notamment, pourrait connaître une croissance négative, et le doute persiste concernant les États-Unis.

Un prix du pétrole en hausse à moyen terme ?

Les deux décisions ont fait légèrement rebondir le prix du brut en Bourse qui a grimpé de deux dollars le baril entre le 2 et le 5 décembre 2022, avant de rechuter. Il s’échangeait, le 5 décembre 2022 avant l’ouverture de la Bourse de Paris, à 86,50 dollars pour le Brent et 80,80 dollars pour le WTI.

Un prix identique à celui de mi-janvier 2022, soit avant la crise en Ukraine et l’ensemble des mesures prises à l’encontre de la Russie. Il reste néanmoins supérieure à la moyenne enregistrée en 2019 lorsqu’il avait rarement dépassé les 70 dollars le baril.

Reste à savoir l’impact des décisions sur le prix futur. La fin des exportations de la part de la Russie pourrait conduire à une baisse importante de l’offre sur le marché. Cumulée à l’absence d’évolution de la production de l’OPEP+, le prix du baril de pétrole a de fortes chances d’augmenter début 2023. Sauf si la demande s’écroule, sur fond de ralentissement de l’économie.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

1 commentaire on «Pétrole : fin des exportations pour la Russie et statu quo de l’OPEP»

  • Quand on donne un coup de pied au cul à la Russie, on en prend 3 en retour

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