Pouvoir d’achat : 4 Français sur 10 renoncent à des produits alimentaires

Hausse des prix à la consommation, hausse des prix de l’énergie, hausse des prix du carburant… le pouvoir d’achat est mis à mal cette fin d’année 2022. Une tendance qui se confirme et qui s’accélère et qui va conduire probablement à une baisse de la consommation. Une large majorité des Français, en tout cas, estime devoir se « serrer la ceinture ».

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 29 novembre 2022 à 9h21
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73%Le pouvoir d'achat a baissé pour 73% des Français.

Se « serrer la ceinture » : nouveau mot d’ordre pour les Français

BFMTV a dévoilé, le 9 novembre 2022, un sondage qui révèle les difficultés ressenties par les Français sur le front du pouvoir d’achat. Alors que la question des salaires, qui stagnent, est au centre du conflit social, on en comprend mieux la raison : 85% des interrogés jugent devoir se « serrer la ceinture » face à la hausse des prix. Qu’ils soient cadres (71%) ou ouvriers (91%), le sentiment est partagé.

73% des interrogés par l’institut Elabe en sont certains : leur pouvoir d’achat a baissé. Et le budget mensuel ne suffit même plus pour les dépenses courantes et fondamentales. 39% des interrogés déclarent renoncer à des produits alimentaires, 37% à chauffer leur logement de manière convenable.

Moins de sorties pour faire face à la baisse de pouvoir d’achat

Forcément, quand on est contraint de limiter des dépenses aussi fondamentales que le chauffage et l’alimentation, on limite également les dépenses superflues. Les sorties en pâtissent, comme le dévoile l’enquête du cabinet NPD relayée par Le Figaro le 8 novembre 2022. 40% des Français comptent aller moins souvent au restaurant dans les mois à venir.

De quoi inquiéter le secteur de la restauration et des produits alimentaires en général (boulangeries, traiteurs, distributeurs…) Depuis le début de l’année 2022, selon NPD, les dépenses des Français dans la restauration hors domicile sont en baisse de 19%. Et le secteur enregistre 25% de visites en moins.

La hausse des prix n’est pas sans avoir son rôle à jouer : le ticket moyen en restauration augmente, selon NPD, de 7%, soit un niveau proche de l’inflation. Et même de 15% au déjeuner. Forcément, avec un pouvoir d’achat ressenti en baisse par les Français, si les dépenses augmentent, le nombre de sorties baisse pour compenser. Un coup dur pour un secteur qui espérait retrouver le niveau d’avant Covid-19 après deux ans de confinements. Sur l’ensemble de l’année, NPD anticipe un chiffre d’affaires en moyenne 5% inférieur à celui de 2019, tiré vers le bas par une baisse de 9% des visites.

Pouvoir d’achat : quel sera l’impact sur les dépenses de Noël ?

Si les Français sortent moins et font des économies, la question reste entière : que va-t-il se passer à Noël ? La période est généralement propice aux dépenses, que ce soit en cadeaux ou à l’occasion des réveillons des 24 et 31 décembre. Mais cette année 2022, le mot d’ordre pourrait être la sobriété.

Les Français, selon une étude dévoilée fin octobre 2022, prévoient de dépenser 11% de moins pour les achats réalisés lors du Black Friday et de Noël. Ils sont même un tiers (32%) a annoncer la « suppression de toute dépense non alimentaire ».

Comme l’a déclaré, non sans s’attirer des railleries, Emmanuel Macron fin août 2022 : c’est la « fin de l’abondance ».

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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