Anticiper son départ en retraite passe parfois par une stratégie peu connue mais redoutablement efficace : le rachat de trimestres. Cette démarche, bien qu’onéreuse, peut offrir un levier décisif pour partir plus tôt ou éviter une décote. Coût, modalités, plafonds : on fait le point.
Racheter des trimestres pour la retraite : est-ce vraiment rentable ?

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, le rachat de trimestres suscite un intérêt croissant chez les salariés désireux d’optimiser leur retraite. Ce dispositif, plus accessible depuis la réforme de 2023, permet de racheter jusqu’à 12 trimestres manquants pour atteindre le taux plein ou anticiper son départ. Toutefois, cette opération reste complexe et nécessite de bien en comprendre les implications financières et fiscales.
Pourquoi envisager un rachat de trimestres pour sa retraite ?
Le rachat de trimestres, ou « versement pour la retraite », permet de transformer certaines périodes non cotisées en trimestres validés. Il s’adresse principalement aux salariés ayant connu des interruptions d’activité ou des parcours scolaires longs. Selon le portail officiel de l’Assurance retraite, cela permet de « racheter jusqu’à 12 trimestres » pour compléter sa carrière et ainsi « augmenter le taux de calcul de sa retraite ».
Concrètement, les périodes concernées incluent les années d’études supérieures non cotisées, les années civiles ayant moins de quatre trimestres validés, ou encore certains stages réalisés après le 15 mars 2015. Ce mécanisme permet d’augmenter soit la durée d’assurance, soit le taux de liquidation, soit les deux, selon l’option choisie. Comme l’indique le portail Info-Retraite, « les trimestres validés allongent votre durée d’assurance et/ou augmentent le taux de calcul de votre retraite ».
En d'autres termes, un rachat bien calibré peut éviter une décote, voire permettre un départ anticipé. C’est un outil de gestion patrimoniale à part entière, à condition d’en maîtriser les leviers.
Combien coûte un rachat de trimestres et qui peut en bénéficier ?
Le coût d’un rachat dépend de plusieurs variables : l’âge du salarié au moment de la demande, les revenus perçus lors des trois dernières années, et le type de rachat envisagé (taux seul ou taux + durée). Selon l’Assurance retraite, cette opération reste accessible tant que les droits n’ont pas été liquidés. Elle doit être soldée avant le départ effectif en retraite.
Pour donner un ordre de grandeur, racheter un trimestre coûte en moyenne entre 1 200 € et 4 000 €, mais ce montant peut varier fortement. D’après le site Info-Retraite, trois critères principaux influencent le montant : l’option retenue, les revenus antérieurs, et l’âge au moment du rachat. À noter que plus le rachat est effectué tôt, plus le coût est réduit.
Des tarifs préférentiels s’appliquent aux jeunes actifs : jusqu’à 40 ans pour les années d’études supérieures, et jusqu’à 30 ans pour les stages. Cette mesure, instaurée par la réforme de 2023, vise à inciter les plus jeunes à planifier leur retraite dès le début de leur carrière. Comme le rappelle le site officiel de l’Assurance retraite : « Depuis la réforme des retraites de 2023, il est possible d’effectuer un rachat de trimestres pour études supérieures à coût réduit jusqu’au 31 décembre de l’année de ses 40 ans. »
Enfin, le coût du rachat peut être amorti fiscalement. En effet, les sommes versées sont intégralement déductibles du revenu imposable, ce qui peut réduire significativement la charge nette pour le foyer.
Est-ce un bon calcul financier pour optimiser sa retraite ?
Sur le plan stratégique, le rachat de trimestres peut s’avérer rentable, mais cette rentabilité dépend de plusieurs paramètres. Il convient de comparer le coût du rachat avec le gain futur en pension de retraite. Pour une personne proche du taux plein, quelques trimestres manquants peuvent engendrer une décote allant jusqu’à 5 % par trimestre. Éviter cette pénalité justifie, dans certains cas, un effort financier conséquent.
Par exemple, une salariée née en 1965, ayant 163 trimestres validés au lieu des 172 requis, peut racheter 9 trimestres à un coût moyen de 3 200 € chacun. Elle déboursera ainsi près de 29 000 €, mais cela lui évitera une décote de près de 12 %, soit une perte annuelle de pension d’environ 2 800 €. Au bout de dix ans de retraite, l’opération est amortie.
Cependant, l’intérêt diminue si l’on rachète des trimestres très en amont, sans certitude sur l’âge de départ ou l’évolution législative. De plus, pour les bas revenus, l’effort demandé peut apparaître disproportionné par rapport au gain à long terme. Le contexte fiscal joue aussi : la déductibilité du montant versé profite davantage aux contribuables imposés à des tranches élevées.
Il est donc crucial de faire une simulation personnalisée. Les plateformes publiques comme info-retraite.fr ou les simulateurs des caisses de retraite permettent d’estimer le coût et l’impact du rachat selon le profil du salarié.