Louer pour louer : attention à cette tendance immobilière sur TikTok

Avec des crédits immobiliers dont les taux grimpent depuis plusieurs mois et devraient continuer de grimper, la question de l’accès à la propriété se pose. Surtout pour les plus jeunes dont les dossiers de primo-accédants sont souvent parmi les plus refusés par les banques.

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 8 novembre 2022 à 20h21
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1300 EUROSIl faut compter 1.300 euros pour un 45 mètres carrés à Paris.

Sur TikTok, certains influenceurs présentent ce qui semble être un nouveau montage pour gagner rapidement de l’argent : louer pour louer.

Le principe est extrêmement simple… mais en France c’est totalement interdit pour plusieurs raisons.

Louer un logement pour le louer sur AirBnb : le « rent-to-rent » explose

Appelé en anglais « Rent-to-rent », littéralement « louer pour louer », l’idée est simple. Une personne loue un bien immobilier à son propriétaire, puis le met lui-même en location, potentiellement sur AirBnb et autres plateformes de location temporaire.

Selon les influenceurs TikTok, comme le souligne Vice, c’est une manière simple et rapide de se faire de l’argent : en sous-louant plus cher que le loyer payé, le locataire tire des revenus. Mais les détails de ce montage fiscal ne seront dévoilés aux intéressés que… moyennant un paiement à l’influenceur en question. Et là, déjà, on commence à flairer l’arnaque.

Toutefois, dans l’idée, ce n’est pas absurde : si on peut sous-louer plus cher que le loyer qu’on paye, alors, forcément, on fait un bénéfice. Et pour le peu que le bien soit situé dans une zone touristique, le bénéfice peut être important. Mais encore faut-il pouvoir sous-louer…

La sous-location en France est très réglementée

S’il ne fait aucun doute que dans certains pays du monde ce montage est possible et probablement rentable, le législateur français a pris les devants. Dans l’Hexagone, ce n’est tout simplement pas possible.

Pour commencer, la sous-location est strictement encadrée. Un locataire ne peut pas sous-louer le bien qu’il loue sans l’accord explicite et écrit de son propriétaire. Les deux parties doivent se mettre d’accord notamment sur la durée de la sous-location et sur le montant de celle-ci. Et en aucun cas le propriétaire n’a d’obligation de l’autoriser. Il peut refuser, purement et simplement, sans même devoir se justifier.

Et si le propriétaire se révèle compréhensif et autorise la sous-location, le montage du « rent-to-rent » n’a aucun intérêt en France. Le montant maximum qui peut être demandé au locataire qui sous-loue ne peut pas être supérieur au loyer demandé par le propriétaire. En somme, impossible de faire du bénéfice ; au mieux, la sous-location permet de payer le loyer.

Contrevenir à ces règles, l’autorisation écrite et l’interdiction de faire des bénéfices, peut conduire à la résiliation du bail. Et même à une action en justice du propriétaire à l’encontre de son locataire.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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