Le service national ne se limite plus à une annonce politique. Avec l’ouverture des recrutements, la question budgétaire s’impose désormais au cœur du débat public. Combien va réellement coûter ce dispositif volontaire voulu par l’exécutif ? Derrière les chiffres avancés par le gouvernement, le service national engage l’État sur une trajectoire financière lourde, appelée à s’inscrire durablement dans le budget des armées.
Service national : une facture de plusieurs milliards d’euros à l’horizon 2030

Annoncé par Emmanuel Macron à l’automne 2025, puis précisé par Catherine Vautrin, le service national volontaire entre en phase de concrétisation en 2026. Si son format, son calendrier et son public sont désormais clairement définis, une question demeure centrale pour les finances publiques : combien va coûter le service national à l’État français ? Les premières estimations officielles permettent aujourd’hui de dessiner un ordre de grandeur, mais aussi d’anticiper une montée en charge budgétaire significative.
Un coût immédiat déjà chiffré pour le service national
Pour sa première année pleine, le service national représente une dépense substantielle. Selon les estimations communiquées par le gouvernement et relayées par l’agence Reuters en janvier 2026, le coût du dispositif atteindrait environ 150 millions d’euros dès 2026. Cette enveloppe correspond à l’accueil d’une première cohorte d’environ 3 000 volontaires, conformément aux annonces de Catherine Vautrin.
Ce montant intègre plusieurs postes de dépenses incompressibles. D’abord, la rémunération des volontaires, évaluée à environ 800 euros par mois et par personne, constitue un socle budgétaire important. À cela s’ajoutent les coûts de formation initiale, d’hébergement, de restauration, d’équipement et d’encadrement militaire. Contrairement à un simple dispositif civique, le service national repose sur des infrastructures et des personnels issus des armées, dont le coût d’exploitation est structurellement élevé.
Le service national mobilise des capacités existantes, mais nécessite aussi des ajustements. Les armées doivent dégager des cadres pour former et encadrer les volontaires, ce qui entraîne un coût indirect en ressources humaines. Catherine Vautrin a reconnu que ce paramètre avait été intégré dans l’arbitrage budgétaire, afin d’éviter un affaiblissement des capacités opérationnelles.
Une montée en puissance budgétaire assumée
Le coût du service national est appelé à croître rapidement. Le gouvernement assume une montée en puissance progressive du dispositif, avec un objectif de 10 000 volontaires par an à l’horizon 2030, puis plus de 40 000 à partir de 2035.
Selon les projections relayées par Reuters, le coût cumulé du service national entre 2026 et 2030 atteindrait environ 2,3 milliards d’euros. Ce chiffre inclut non seulement la rémunération des volontaires, mais aussi l’adaptation des infrastructures, la formation des encadrants et les frais logistiques associés à des effectifs croissants. À titre de comparaison, ce montant place le service national dans une catégorie budgétaire comparable à celle de certains programmes d’équipement de taille intermédiaire.
Pour Catherine Vautrin, ce coût est présenté comme un investissement stratégique. La ministre des Armées insiste sur le fait que le service national s’inscrit dans une logique de long terme, visant à renforcer le lien entre la Nation et ses armées, tout en élargissant le vivier de la réserve. Cette justification politique vise à légitimer une dépense qui, à terme, pèsera durablement sur le budget de la défense.
Le service national ne sera ni gratuit ni marginal pour les finances publiques. Dès 2026, il représente plusieurs centaines de millions d’euros. À l’horizon 2030, il pèsera plusieurs milliards d’euros cumulés. Et à long terme, avec des effectifs dépassant les 40 000 volontaires annuels, son coût annuel pourrait atteindre un niveau comparable à celui d’un grand programme de ressources humaines des armées.
