Stellantis discute avec Xiaomi et Xpeng pour renforcer ses activités en Europe

Stellantis multiplie les discussions avec des groupes automobiles chinois, dont Xiaomi et Xpeng. Le constructeur explore plusieurs pistes allant d’investissements financiers à un accès à ses usines européennes. Une initiative révélatrice des bouleversements qui traversent l’industrie automobile mondiale.

Ade Costume Droit
By Adélaïde Motte Published on 13 mars 2026 11h55
Stellantis Discute Avec Xiaomi Et Xpeng Pour Renforcer Ses Activites En Europe
Stellantis discute avec Xiaomi et Xpeng pour renforcer ses activités en Europe - © Economie Matin

Stellantis explore des partenariats avec Xiaomi et Xpeng

Depuis le 12 mars 2026, plusieurs informations concordantes indiquent que Stellantis mène des discussions avec des groupes automobiles chinois, notamment Xiaomi et Xpeng. L’objectif consiste à examiner différentes formes de coopération autour de ses activités européennes, selon plusieurs sources industrielles.

Ces échanges ne signifient pas pour autant une restructuration radicale du constructeur. Un porte-parole du groupe a d’ailleurs rappelé la position officielle de l’entreprise. « Dans le cadre de ses activités habituelles, Stellantis mène des discussions avec divers acteurs du secteur dans le monde entier sur différents sujets, toujours dans le but ultime d'offrir aux clients les meilleurs choix de mobilité », a déclaré un porte-parole du groupe.

Dans le détail, les discussions porteraient sur plusieurs options. Certaines évoquent l’entrée d’acteurs chinois au capital de certaines activités européennes du groupe. D’autres concernent un accès aux capacités industrielles de Stellantis sur le continent. Ces pistes restent toutefois exploratoires et aucune décision n’a été annoncée.

Stellantis pourrait ouvrir ses usines à la production de constructeurs chinois

L’un des scénarios étudiés concernerait l’utilisation des usines européennes de Stellantis par des constructeurs chinois. Une telle solution permettrait à ces marques d’assembler leurs véhicules directement en Europe, ce qui réduirait les coûts logistiques et limiterait l’exposition aux droits de douane.

Dans le même temps, Stellantis pourrait bénéficier d’investissements financiers destinés à soutenir certaines de ses marques. Maserati fait notamment partie des activités évoquées dans ces discussions, selon plusieurs informations de presse.

Cette perspective intervient dans un contexte difficile pour le groupe. L’industrie automobile européenne subit une concurrence très forte des constructeurs chinois, particulièrement sur le segment des véhicules électriques. Les nouveaux acteurs disposent d’avantages industriels importants, notamment sur les batteries et les logiciels embarqués.

Par ailleurs, Stellantis cherche depuis plusieurs mois à adapter son organisation à la transformation rapide du marché. Les investissements nécessaires pour l’électrification et le développement de nouvelles plateformes pèsent lourdement sur les finances des constructeurs.

Xiaomi et Xpeng cherchent à accélérer leur présence en Europe

Pour Xiaomi et Xpeng, l’intérêt d’un partenariat avec Stellantis apparaît évident. Les deux groupes cherchent à accélérer leur implantation sur le marché européen, considéré comme l’un des plus importants au monde pour les véhicules électriques. Xpeng, déjà présent dans plusieurs pays européens, poursuit une stratégie d’expansion rapide. Xiaomi, de son côté, s’est lancé plus récemment dans l’automobile mais dispose de moyens financiers considérables et d’une forte expertise dans les technologies numériques.

Dans ce contexte, un accès à des usines européennes représenterait un avantage significatif. Les constructeurs chinois pourraient produire leurs modèles directement sur place tout en profitant du savoir-faire industriel de Stellantis. Les discussions pourraient également inclure des investissements croisés. Les constructeurs chinois envisageraient de prendre des participations dans certaines activités du groupe afin de soutenir leur développement sur le continent.

Stellantis face à une transformation rapide du secteur automobile

Les discussions avec Xiaomi et Xpeng s’inscrivent dans une évolution plus large de la stratégie de Stellantis. Le groupe a déjà noué des alliances avec des entreprises chinoises dans le domaine des véhicules électriques. En 2023, Stellantis a par exemple investi 1,5 milliard d’euros pour acquérir une participation dans le constructeur chinois Leapmotor afin de renforcer sa présence dans les technologies électriques. Cette opération illustre la volonté du groupe de s’appuyer sur l’écosystème industriel chinois pour accélérer sa transition.

Dans le même temps, le constructeur traverse une période financière délicate. Certaines analyses sectorielles évoquent une perte nette d’environ 22,3 milliards d’euros en 2025, tandis que d’importants investissements sont nécessaires pour renouveler les gammes et financer l’électrification. Face à ces défis, Stellantis explore différentes options pour renforcer sa compétitivité en Europe.

Pour l’instant, les discussions restent à un stade préliminaire. Elles témoignent néanmoins d’une mutation profonde du secteur automobile mondial, où les alliances industrielles deviennent un levier essentiel pour affronter la révolution électrique.

Ade Costume Droit

Diplômée en géopolitique, Adélaïde a travaillé comme chargée d'études dans un think-tank avant de rejoindre Economie Matin en 2023.

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