Vinted de l’automobile : Stokoto s’impose sur le marché des pièces d’occasion

Une nouvelle application lancée depuis le Gard pourrait bien bouleverser le marché de l’occasion automobile. Stokoto, surnommé « le Vinted de la voiture », permet aux particuliers de vendre ou d’acheter des pièces détachées en toute simplicité. Mais derrière ce concept séduisant, quels enjeux techniques, économiques et environnementaux se cachent réellement ?

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By Rédaction Published on 7 février 2026 15h09
Stokoto automobile
Vinted de l’automobile : Stokoto s’impose sur le marché des pièces d’occasion - © Economie Matin
1,5 millionPrès d'1,5 million de véhicules sont chaque année hors d'usage.

Un Vinted de l’automobile né dans un garage gardois

Lancé officiellement le 1er février 2026, Stokoto est une plateforme en ligne dédiée à l’achat et à la revente de pièces détachées entre particuliers. Inspirée du fonctionnement de Vinted, cette application 100 % française ambitionne de s’imposer comme une référence dans le monde de l’automobile d’occasion. Stokoto, est bien plus qu’un nom : il incarne une volonté de simplification, d’économie et d’écologie dans le secteur du véhicule d’occasion.

L’histoire commence à Aimargues, dans le département du Gard, où Clément Salmeron, garagiste depuis plus de vingt ans, prend conscience du gaspillage quotidien de pièces automobiles. « Plein de pièces d’occasion finissent à la poubelle alors qu’elles pourraient encore servir », déclare-t-il au Figaro. Ce constat pousse le professionnel à lancer, avec trois amis, une solution accessible à tous pour remettre ces pièces en circulation.

Une plateforme simple et sécurisée pour tous les automobilistes

Le fonctionnement de Stokoto repose sur une logique de fluidité et d’accessibilité. L’utilisateur prend une photo de sa pièce détachée, saisit quelques données techniques (modèle, marque, référence), et publie son annonce. À la différence des plateformes de petites annonces traditionnelles, le prix est fixe : « On ne voulait pas de cette complexité, ni des appels téléphoniques ou des mails interminables avec des gens qui négocient sans cesse », explique Clément Salmeron.

La transaction est sécurisée par un compte séquestre : l’argent de l’acheteur est bloqué jusqu’à la validation de la réception. L’acheteur dispose d’un droit de rétractation de quatre jours après réception de la pièce. En cas de problème, il peut demander un remboursement. Le système de notation permet quant à lui de valoriser les vendeurs sérieux. Ces dispositifs renforcent la fiabilité de Stokoto, qui devient ainsi une option crédible même pour ceux qui ne sont pas experts en mécanique.

Grégory Dumas, cofondateur chargé du développement numérique, a assuré l’architecture technique du projet. Son intervention a permis de transformer une idée de garage en un outil numérique fonctionnel, accessible aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers.

Un modèle d’économie circulaire face à une concurrence féroce

L’une des forces de Stokoto réside dans son inscription dans un modèle d’économie circulaire. Plutôt que de jeter des pièces encore utilisables, la plateforme leur offre une seconde vie. « Grâce à cette plateforme, les pièces qui auraient été gaspillées trouvent une seconde vie », souligne l’équipe fondatrice, mettant en avant l’aspect écologique de leur démarche.

Mais l’application n’évolue pas dans un marché vierge. En avril 2024, Rusty Bobby, une plateforme corrézienne, voyait le jour avec un concept similaire. Après un investissement de plusieurs centaines de milliers d’euros et des débuts dans un sous-sol à Ussel, Rusty Bobby revendique aujourd’hui plus de 200 000 annonces en ligne. Si Stokoto veut rivaliser, il devra se démarquer non seulement par son ergonomie, mais aussi par la qualité de son service.

En parallèle, Stokoto affronte aussi la concurrence d’acteurs majeurs comme Leboncoin ou Ebay, déjà bien ancrés dans le secteur des pièces de véhicule d’occasion. Ces géants bénéficient d’un trafic massif et de systèmes de paiement bien établis. À cela s’ajoutent les plateformes professionnelles comme Ovoko, Opisto ou France Casse, qui proposent des pièces certifiées avec garanties, souvent issues de centres VHU (Véhicules Hors d’Usage).

Face à cette pression, Stokoto mise sur sa simplicité et son positionnement éthique. Ludovic, en charge de la logistique, travaille à optimiser les expéditions, y compris pour les pièces volumineuses comme les moteurs. L’objectif est clair : rendre chaque pièce, quelle que soit sa taille, accessible à l’achat ou à la vente entre particuliers.

Une dynamique prometteuse, portée par les usages et les prix

En cette période d’inflation persistante sur les pièces neuves, l’occasion attire de plus en plus d’automobilistes à la recherche de solutions économiques. Le modèle de Stokoto permet de réduire les coûts pour les acheteurs tout en offrant une source de revenus aux vendeurs, qu’ils soient passionnés de mécanique ou simples particuliers désireux de vider leur garage.

L’absence de négociation directe, la sécurisation des paiements et la transparence sur les annonces constituent des atouts majeurs pour une clientèle qui recherche la simplicité. La plateforme vise aussi à rassurer les néophytes, grâce à son interface intuitive et son système de modération communautaire.

En parallèle, le potentiel environnemental n’est pas négligeable. La réutilisation de pièces détachées prolonge la durée de vie des véhicules et réduit la consommation de ressources liées à la fabrication neuve. Dans une société de plus en plus attentive à son empreinte carbone, cette dimension pourrait devenir un véritable levier de croissance pour Stokoto.

Comme le soulignait encore récemment Olivier Devic sur France Bleu : « Le concept est simple, utile, et peut séduire bien au-delà du cercle des bricoleurs avertis ».

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