C’est Eric Chol (Dr de la rédaction de l’Express) qui m’a décidé à écrire cet article avec son titre pour limiter la folie dépensière : « Sage comme un Suisse ». Depuis la mise en place en 2002 d’un frein à l’endettement, notre voisin helvète maîtrise encore mieux ses comptes publics. Un exemple pour la France.
Un exemple pour la France en termes de finances : La Suisse

Il annonce aussi « On n’est pas sérieux quand entre 2008-2025 : La France traîne derrière elle dix-sept années de creusement intensif de sa dette, passée de 1300 à 3400 milliards d’euros (de 68.1% à 115,6% du PIB) : Dix années à jouer avec les règles de Bruxelles sans jamais les respecter ».
L’autre déclaration de « Finances publiques » est encore plus virulente : Dépenses à gogo, impôts à foison : Ce qui caractérise nos finances publiques, c’est d’abord le laxisme dans lequel nos dirigeants successifs les traitent. La France mérite son bonnet d’âne. Les préconisations de bonne gestion s’accumulent, depuis la cour des comptes jusqu’aux notes de Terra Nova ou de l’Institut Montaigne, rien n’y fait.
Le gouvernement Lecornu n’échappe pas à la règle, en feignant de croire qu’un retour du déficit public sous la barre des 3% du PIB est encore possible, alors qu’il n’en sera rien.
C’est là que je suis en colère après l’Europe avec cette règle des 3% : Protocole N°12 du traité précisant que le déficit public annuel ne doit pas excéder 3% du Produit Intérieur Brut et que la dette publique des états ne doit être inférieure à 60% du PIB.
J’en veux à François Mitterrand qui est à l’origine de ces 3%. :
En 1981, les dépenses publiques de la France s’envolent, le spectre d’un déficit de 100 milliards de francs se profile. François Mitterrand cherche un « chiffon rouge » à agiter pour imposer la rigueur aux ministres socialistes. Ces 100 milliards représentant 3% du PIB, il a eu l’idée de créer ce plafond pour se contraindre à le respecter.
Puis il a convaincu Bruxelles de le mettre en place au niveau européen (y compris les 60%), ce qui a été ensuite accepté par tous les Etats Européens.
Quelle entreprise peut vivre durablement avec un déficit de 3%, même un ménage ?
Guy Abeille chargé de mission du ministère français des finances a lancé à la « Tribune : « Cela revient à diviser les choux par des carottes », point de vue partagé par beaucoup d’économistes et responsables politiques pour qui cet indicateur n’offre aucun regard sur la santé économique d’un état.
Personnellement je dirais que c’est la plus grave erreur qu’ait fait Mitterrand et l’Europe d’accepter ce deal.
Nos élus sont de grands irresponsables et cela depuis le début des années 1980. Mitterrand a été l’instigateur de la plus grande faillite de l’état français. Et aucun gouvernement, dirigeant n’ont su ou voulu rétablir les comptes. N’en connaissant pas forcément l’origine et ne trouvant pas les moyens législatifs pour contrer cet emballement.
Les autres pays n’ont pas eu le même problème à régler ou beaucoup moins car ils n’ont pas mis en place la retraite à 60 ans ni les 35 heures, même s’il y a eu des diminutions de temps de travail et d’activité, elles n’ont jamais été de l’ampleur de celles de la France. Et ils ont même réagit beaucoup plus que nous en augmentant la durée d’activité = le départ en retraite.
Du point de vue gestion financière nous sommes assez dans les clous, mais le déficit ne vient pas de là. Les pertes engendrées par la diminution des horaires travaillées a provoqué une baisse du niveau de vie progressive qui a dû être compensée par une montagne d’aides sociales et aux entreprises. Une part importante des délocalisations vient de là, y compris des fermetures d’entreprises. Cela a été accentué par l’arrivée des produits asiatiques et même des pays du Maghreb, de l’Est, aux coûts de production plus faibles.
Sans remonter notre taux d’activité point de salut et aucun gouvernement n’y arrivera s’il ne tient pas compte de ce critère.
Sinon ce sera une avalanche d’impôts, de réduction d’effectifs de la fonction publique qui n’arriveront jamais à compenser l’augmentation de la durée de vie et la dénatalité.
La Suisse s’en est sortie sans problème car elle a gardé sa retraite à 65 ans et surtout ces 42 heures de travail hebdomadaire et même 43 heures depuis 2009 lorsque par votation les Suisses ont décidé de travailler une heure de plus gratuitement pour l’état, suite à une hausse très forte du franc suisse. Mais les Suisses ne sont pas des Français !!!
Alors à quand les 40 heures et la retraite au-delà de 65 ans ?
En n’oubliant pas pour la pérennité du système, d’installer la durée d’activité proportionnelle à la durée de vie des retraités. Plusieurs pays l’ont déjà mis en place pourquoi pas nous ? Serions-nous assez bornés pour ne pas le faire !