Superprofits : la taxe pourrait rapporter 30 fois plus que prévu

Les superprofits des compagnies pétrolières, Bruno Le Maire et le gouvernement ne veulent pas en entendre parler. Après avoir nié purement et simplement leur existence, ils ont fait l’objet d’une mini-taxe dans le cadre du Budget 2023. Sauf que cette taxe pourrait se révéler milliardaire…

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Modifié le 6 décembre 2022 à 13h25
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200 MILLIONS €Le gouvernement estime que la taxe sur les superprofits ne rapportera que 200 millions d'euros.

Une taxe sur les superprofits à 200 millions d’euros…

Appelée sobrement « taxe exceptionnelle sur les activités pétrolières », pour éviter d’utiliser le terme très politique de « superprofits », cette nouvelle imposition a été actée début octobre 2022. Mais son application devait rapporter bien moins que ce qu’attendaient les défenseurs d’une taxation des superprofits. « Que 200 millions d’euros », avait déclaré le 11 octobre 2022 Bruno Le Maire. Ce devait être une preuve de plus que les superprofits n’existaient pas. Le ministre de l’Économie avait d’ailleurs déclaré devant le Medef : « je ne sais pas ce que c’est qu’un superprofit ».

Malheureusement pour le locataire de Bercy, il semblerait que sa propre taxe va être à l’origine d’une manne financière inattendue pour le gouvernement. Selon les calculs de l’Institut des Politiques Publiques (IPP) et le Cepremap, la taxe rapporterait beaucoup plus qu’annoncé.

Ou à plus de 6 milliards d’euros ?

L’estimation, dévoilée le 17 novembre 2022, reste incertaine, de l’aveu même de l’IPP et du Cepremap. Mais la différence entre les annonces du gouvernement et l’estimation est beaucoup trop importante pour qu’il n’y ait pas eu un problème dans la communication de l’exécutif. Car la taxe sur les superprofits pourrait rapporter entre 6 et 7,3 milliards d’euros. 30 à 35 fois plus que ce qui avait été déclaré.

Pour les économistes, comme l’explique le journal Les Echos, la seule explication possible à l’écart entre leur estimation et les déclarations de Bruno Le Maire est que leurs informations soient erronées. Il faudra attendre les données réelles, une fois la taxe collectée, pour savoir qui avait raison. Et peut-être pourquoi.

Paolo Garoscio

Après son Master de Philosophie, Paolo Garoscio s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013. Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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