Une proposition de loi d’initiative populaire pourrait faire bondir le prix du paquet de cigarettes en Italie. Soutenue par les principales fondations de lutte contre le cancer du pays, elle vise une hausse spectaculaire de cinq euros pour réduire la consommation de tabac et financer la santé publique.
Tabac : vers 5 euros de plus le paquet en Italie ?

Depuis début novembre 2025, l’Italie s’interroge sur un virage radical : augmenter de 5 euros le prix du paquet de cigarettes. Présentée à Rome lors du congrès annuel de l’Associazione Italiana di Oncologia Medica (AIOM), la proposition de loi d’initiative populaire entend faire reculer le tabagisme, cause de 93 000 décès annuels selon le Corriere della Sera. Les organisations à l’origine du texte, AIRC, Fondazione Umberto Veronesi et Fondazione AIOM, ont débuté une vaste campagne de signatures.
Tabac : Une taxe choc pour dissuader de fumer en Italie ?
Les associations médicales à l’origine du projet défendent un message simple : frapper au portefeuille pour sauver des vies. Leur texte prévoit une accise fixe de 5 euros sur chaque paquet de cigarettes ainsi que sur tous les produits nicotiniques, y compris les e-cigarettes et le tabac chauffé. En pratique, le prix du paquet de cigarettes pourrait grimper de 5,50 € à plus de 10 €, un seuil comparable à celui observé en France ou en Irlande.
Selon la Fondazione Umberto Veronesi, cette initiative s’appuie sur les données de l’OMS montrant que le prix demeure l’outil le plus efficace pour faire reculer le tabagisme. « Une hausse de 5 € par paquet pourrait réduire la consommation de 37 % », affirme la Repubblica. Les promoteurs rappellent aussi que le coût social du tabac atteint près de 24 milliards d’euros par an en Italie, en soins, arrêts maladie et pertes de productivité, bien plus que les recettes fiscales générées.
Une mobilisation citoyenne pour faire flamber le prix du tabac
La campagne de signatures a été officiellement lancée au Sénat italien. Elle devra recueillir 50 000 signatures authentifiées d’ici le printemps 2026, condition indispensable pour un examen parlementaire. Les fonds issus de cette taxe serviraient à renforcer le Servizio Sanitario Nazionale (SSN), dont le déficit chronique s’est creusé depuis la pandémie.
Le professeur Giordano Beretta, président de la Fondazione AIOM, a défendu la mesure dans le Corriere della Sera : « Nous ne voulons pas punir les fumeurs, mais sauver des vies. » D’après ses estimations, chaque euro supplémentaire d’accise rapporterait environ 1,2 milliard d’euros de recettes, somme immédiatement réinvestie dans la prévention et les traitements oncologiques. Pour lui, la hausse du prix du paquet de cigarettes s’impose comme un impératif de santé publique.
Entre volontarisme sanitaire et risque de marché parallèle
Les partisans de la réforme soulignent que l’Italie reste l’un des pays d’Europe occidentale où le prix du paquet de cigarettes est le plus faible. La taxation représente environ 75 % du prix final, contre 85 % en France et 90 % en Irlande, selon Eurostat. Pour Silvia Noventa, économiste de la santé citée par la Repubblica, « il ne s’agit pas d’un impôt moral, mais d’un instrument économique de prévention ».
Cependant, le projet suscite une opposition croissante parmi les buralistes et les associations de fumeurs. D’après Fanpage.it, près de 10 % des cigarettes vendues en Italie proviennent déjà de la contrebande, surtout depuis les Balkans. Une hausse soudaine du prix du paquet de cigarettes pourrait alimenter cette économie parallèle. Les commerçants craignent aussi un effet domino sur les ventes légales et les emplois du secteur.
