Le livret A voit son taux une nouvelle fois révisé. La Banque de France propose une rémunération fixée à 1,5 %, légèrement supérieure au calcul théorique. Une décision qui interroge sur l’utilité réelle de ce produit d’épargne massivement détenu, mais de moins en moins performant.
Taux du livret A : comprendre la baisse à 1,5 % et ses conséquences

Le 15 janvier 2026, la Banque de France a officiellement proposé de fixer le taux du livret A à 1,5 % à compter du 1er février. Ce niveau, légèrement supérieur au taux strictement issu de la formule réglementaire, marque pourtant une nouvelle baisse pour ce placement emblématique de l’épargne française, détenu par des dizaines de millions de ménages.
Le livret A et son taux décidé par la Banque de France
Le livret A est un produit d’épargne réglementé dont le taux est proposé par la Banque de France, puis arbitré par le gouvernement. Cette fois, la formule officielle, fondée sur la moyenne de l’inflation et des taux monétaires, aurait conduit à un rendement proche de 1,4 %. Toutefois, la Banque de France a recommandé un taux de 1,5 %, soit un dixième de point supplémentaire, afin d’amortir la baisse pour les épargnants.
Ce choix n’est pas anodin. D’une part, il traduit une volonté politique de préserver le pouvoir d’achat de l’épargne de précaution. D’autre part, il reste cohérent avec la décélération de l’inflation observée en fin d’année 2025. La hausse des prix est retombée sous la barre de 1 % à la fin de l’année, ce qui pèse mécaniquement sur le taux du livret A. Ainsi, même rehaussé par rapport à la formule brute, le nouveau taux confirme une tendance claire : le livret A entre dans une phase de rendement durablement faible.
Comment fonctionne réellement le livret A
Le livret A est accessible à tous, sans condition d’âge ou de revenus, et chaque personne ne peut en détenir qu’un seul. Son plafond est fixé à 22 950 euros, hors intérêts capitalisés. Les sommes déposées restent disponibles à tout moment, sans pénalité, tandis que les intérêts sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, un argument régulièrement mis en avant par les pouvoirs publics et les réseaux bancaires.
Cependant, derrière cette simplicité apparente, le fonctionnement du livret A répond aussi à des objectifs macroéconomiques. Une partie significative des fonds collectés est centralisée par la Caisse des dépôts afin de financer le logement social et des infrastructures publiques. L’encours total du livret A dépasse 440 milliards d’euros, ce qui en fait une ressource majeure pour l’économie française. Par ailleurs, près de 57 millions de Français possèdent un livret A, illustrant son rôle central dans l’épargne de précaution des ménages.
Pour autant, cette popularité ne signifie pas performance. Avec un taux désormais fixé à 1,5 %, le livret A protège partiellement contre l’inflation actuelle, mais il ne permet plus de valoriser réellement le capital sur le long terme. Autrement dit, il sécurise l’argent sans le faire fructifier de manière significative.
Pourquoi le livret A est moins intéressant que d’autres placements
Comparé aux autres produits d’épargne, le livret A apparaît de moins en moins compétitif. Les livrets bancaires fiscalisés peuvent proposer des taux promotionnels supérieurs, tandis que les comptes à terme offrent parfois des rendements plus élevés en contrepartie d’un blocage des fonds. De même, les fonds en euros de l’assurance-vie, bien que soumis à certaines contraintes, affichent des performances moyennes supérieures sur les dernières années, selon les données reprises par la presse économique.
Au-delà de l’épargne, la comparaison avec les produits d’investissement est encore plus défavorable. Les marchés financiers, via les actions ou les fonds diversifiés, présentent certes un risque, mais aussi un potentiel de rendement nettement supérieur sur le long terme. À l’inverse, le livret A reste cantonné à un rôle défensif. Il constitue une réserve de liquidités, utile pour faire face aux imprévus, mais inadaptée pour construire un patrimoine ou préparer des projets de long terme.
C’est précisément sur ce point que la baisse du taux à 1,5 % relance le débat. De nombreux experts rappellent que conserver des sommes importantes sur un livret A revient à accepter une érosion progressive du pouvoir d’achat de son capital. Ainsi, si le livret A demeure un outil pertinent pour l’épargne de court terme, il n’est plus considéré comme une solution optimale pour placer durablement son argent.
