7 milliards d'euros pour sauver Air France

3 %
Air France opère à 2 ou 3% de ses capacités habituelles pour un mois
d'avril.

Air France ne sombrera pas. La compagnie aérienne peut compter sur le soutien indéfectible du gouvernement qui va mettre 7 milliards d'euros sur la table pour sauver l'entreprise.

Il faut sauver le soldat Air France ! C'est le leitmotiv du gouvernement qui a décidé de sortir les grands moyens pour maintenir à flots la compagnie aérienne, qui prend de plein fouet la crise sanitaire du coronavirus comme l'ensemble du secteur. « Nous allons apporter un soutien historique à Air France de 7 milliards. Il s'agit de 4 milliards de prêt garantis par les banques et 3 milliards de prêt d'État pour sauver la compagnie et les emplois », a expliqué Bruno Le Maire devant les caméras de TF1. Le ministre de l'Économie a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un chèque en blanc : il y a non seulement des conditions de rentabilité, mais aussi des obligations de respect de l'environnement, a-t-il ajouté. En revanche, pas question de monter dans le capital.

Prêts garantis par l'État

Un tel plan sans précédent est mis en place car il s'agit d'une question d'indépendance afin de conserver une compagnie aérienne nationale. Sans oublier les salariés, les sous-traitants, ainsi qu'Airbus. Ce soutien inédit dans l'histoire de l'entreprise est « une marque de confiance exceptionnelle dans notre avenir », a répondu Ben Smith, le patron d'Air France, dans une interview aux Échos. Ces 7 milliards vont aider la compagnie à passer la période la plus difficile, même si le dirigeant ne s'attend pas à un retour à la normale avant deux ans, peut-être même plus en fonction de la réouverture des frontières et « du temps qu'il faudra à nos clients pour revenir dans les avions ».

Contreparties sociales et environnementales

L'État n'a rien demandé de spécifique, souligne-t-il, mais « il a clairement souligné que cet effort financier est fait avant tout pour soutenir les salariés d'Air France ». Ben Smith veut néanmoins en profiter pour réaliser les réformes structurelles indispensables pour mettre la compagnie au niveau de la concurrence. Notamment dans deux domaines : la rationalisation du réseau domestique et la restructuration des fonctions support non opérationnelles. « Nous ferons en sorte que l'impact social soit aussi réduit que possible », promet-il. Les turbulences sont loin d'être terminées pour Air France.


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