En France, Pourquoi fustige-t-on les entreprises qui sont très rentables ?

200 MILLIARDS €
Le déficit public de l'Etat sera de 200 milliards d'euros en 2014.

Dans les périodes difficiles que nous connaissons et avons connu, il y a toujours un Président, un ministre, un député qui s'en est pris à une société, bouque émissaire, qui d'après ces derniers, gagne trop d'argent.


Actuellement, c'est au tour de notre Ministre de l'Economie Emmanuel Macron de fustiger les Sociétés d'Autoroutes. Elles gagnent beaucoup trop d'argent. Il est même envisagé de les racheter pour pouvoir bénéficier de cette manne. Comment l'état le pourrait-il, alors qu'il les a vendues pour diminuer ses déficits. Comment trouver l'argent, alors que son déficit 2014 se montrera à plus de 200 Mds. J'ai dit 200 Mds et non 75 Mds que notre Ministre des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, va bientôt annoncer. Et oui, lorsque qu'il manque cette somme au budget de l'état pour le boucler en fin d'année, c'est bien le déficit réel dont il est question. Emprunter cette somme sur dix ans, permet de ne faire apparaître qu'un dixième par année. C'est la raison pour laquelle la France a une dette aussi catastrophique.


Revenons à nos autoroutes. Alors faire des bénéfices importants, est-ce si dégradant, ignominieux, scandaleux. Dans une entreprise qui gagne bien sa vie, les employés sont empreints d'une certaine joie, une sensation de fierté d'en faire partie. Les bénéfices permettent des investissements futurs, de rétribuer correctement les actionnaires, de payer un maximum d'impôts et de taxes. L'état y retrouve donc aussi son compte. Tous ces bénéfices permettent de participer à l'évolution positive de l'économie et à l'enrichissement de la France.
C'est d'ailleurs ce qui manque le plus actuellement.

Pendant le quinquennat précédent, c'est notre autre Président Nicolas Sarkozy qui s'en est pris violement à la grande distribution. Toutes ces attaques sont presque toujours dictées par le sentiment d'impuissance à maitriser la montée du chômage, des déficits, les pertes de rentrées et d'influence qui en découlent auprès de l'opinion publique. Ce sont les marges « exorbitantes » ou supposées qui étaient attaquées au regard de la pressurisation des fournisseurs. Qui, il est vrai, ont d'importantes difficultés à vivre ou même parfois survivre.
C'est pour essayer de réguler cela qu'a été mis en place, sous l'aire Sarkozy, l'Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires.


Les marges de la grande distribution sont-elles abusives, un mythe ou une réalité ?
S'en met-elle plein les poches ? L'observatoire est plus réservé à ce sujet. Ces derniers résultats vont même à l'encontre des idées reçues notamment celles de certains politiques. La posture de protection du consommateur et des producteurs a été fortement tempérée lorsque les vraies marges ont été mises à jour.
Les résultats ont été même surprenants : les marges nettes varient entre – 1,9 % et 5,9%. Alors que les rayons de la charcuterie (5,1 %) et de la volaille (5,9 %) se portent plutôt bien, ceux des produits laitiers (1,9 %) et des fruits et légumes (0,6 %) rapportent peu. En moyenne, la marge est même négative pour le rayon boucherie (–1,9%).


Nous nous retrouvons encore une fois devant la même pression électorale et d'image de marque de nos dirigeants, qui essaient de se revaloriser en s'attaquant aux symboles des détenteurs de la puissance donnée par l'argent. Au passage la mise en place de l'ISF en a la même valeur d'exemple pour le peuple, s'attaquer aux riches.
Par contre d'autres sociétés comme Google, Apple, Amazon sont souvent ventées comme modèle de réussite, alors qu'elles ont des marges effarantes !!!

Un troisième exemple, TOTAL, même si depuis le décès de Christophe de Margerie le « feu semble quelque peu éteint »
C'est vraiment la grande société internationale qui a la plus été visée par un nombre considérable de détracteurs, critiques, accusateurs de tout bord. Les attaques redoublaient encore plus parce que cette société ne payait pas d'impôts en France. Lamentable ! Alors que le petit ouvrier peut en payer, que nombreuses petites PME sont accablées de charges, d'impôts, de taxes. Même le patronat des petites entreprises s'est révolté contre cette mauvaise image donnée à nos concitoyens.
Mais d'un autre côté, cette même société est mise en avant lorsque l'on parle de nos fleurons nationaux : Total, LVMH, Airbus, Sanofi, Carrefour, l'Oréal (cette dernière pourtant très attaquée pour une autre raison) et les autres du CAC 40...
Et pourtant presque tous ces grands groupes pour survivre et évoluer positivement, ont été obligés de faire appel à des actionnaires étrangers dans leur conseil d'administration, à la désolation de nos concitoyens!

Les syndicats CGT, FO, CFDT... ne sont pas en reste pour aller dans le même sens. Mais avec eux, du fait de leur positionnement, nous pouvons être un peu plus indulgents, même si leur attitude ne permet pas de faire souvent évoluer favorablement le consensus et la compréhension du fonctionnement réel de l'entreprise.

Il manque vraiment en France une culture de l'entreprise et de la connaissance de l'économie. Tant que les classes en primaire et au-delà, n'auront pas obligatoirement des cours d'économie, la plupart de nos concitoyens seront souvent déphasés de la réalité concrète de l'économie et même de la politique.
Nous somme encore très loin d'avoir la mentalité des américains, mais surtout des pays nordiques, qui ont un système de pensée assez enviable et pourtant qu'ils jugent eux-mêmes encore perfectible.

www.livres-daniel-moinier.com


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Daniel Moinier

Daniel Moinier a travaillé 11 années chez Pechiney International, 16 années en recrutement chez BIS en France et Belgique, puis 28 ans comme chasseur de têtes, dont 17 années à son compte, au sein de son Cabinet D.M.C.

Il est aussi l'auteur de six ouvrages, dont "En finir avec ce chômage", "La Crise, une Chance pour la Croissance et le Pouvoir d'achat", "L'Europe et surtout la France, malades de leurs "Vieux"". Et le dernier “Pourquoi la France est en déficit depuis 1975, Analyse-Solutions” chez Edilivre.