Un retraité est facturé 1200 € par Shell après avoir rechargé sa voiture électrique

Un retraité français s’est retrouvé face à une facture aussi invraisemblable que salée après avoir voulu simplement recharger sa voiture électrique en Espagne.

Jade Blachier
By Jade Blachier Published on 16 avril 2025 11h44
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1 124 eurosSchell a reclamé 1 124 euros pour une recharge.

Le 25 décembre 2024, en pleine période des fêtes, John Stephen, retraité installé en Charente-Maritime, décide de recharger sa voiture électrique MG4 dans un parking de Madrid. Quelques jours plus tard, il découvre une seconde facture démentielle.

Recharger en Espagne : le 25 décembre 2024, un retraité enclenche l’enfer

Ce 25 décembre, dans la capitale espagnole, John Stephen branche tranquillement sa MG4 à une borne du réseau Shell Recharge. À l’issue de la session, il règle 71,77 euros pour 18,88 kWh, montant qu’il accepte sans discuter. Pour lui, c’est une opération de routine. Rien ne laisse présager la suite.

Quelques jours plus tard, une seconde facture apparaît sur son compte. Shell lui réclame 1 124 euros pour une nouvelle session de recharge, supposément entamée le jour même, à 12 h 34. Montant total prélevé : 1 195 euros. Le plus surprenant ? Cette seconde session ne concerne que 10 kWh, dont 925 euros de simples « frais de connexion ».

Facture aberrante et frais incompréhensibles 

Le retraité affirme avec certitude qu’il n’était plus sur place au moment mentionné sur la facture. « La recharge aurait démarré à 12 h 34, le 25 décembre. C’est impossible, nous étions dans un Uber à ce moment-là ! ». Il conserve d’ailleurs les justificatifs de ses déplacements.

Débute alors un parcours administratif sans fin. John Stephen contacte le service client de Shell par e-mail : aucune réponse. Il envoie un courrier recommandé, en français et en anglais, au siège de l’entreprise à Amsterdam : toujours rien. Finalement, après plusieurs essais, un opérateur basé en Irlande reconnaît que la facture est « anormale », tout en précisant qu’il ne peut rien faire.

Un retraité piégé, des recours bloqués, et la carte Shell coupée nette

Face à cette inertie, John Stephen décide de saisir le tribunal des petites créances de Saintes. Il sait que la procédure sera longue, mais refuse de rester sans réponse. « On me dit de renvoyer un courrier, que le service financier va s’en occuper. Je l’ai fait. Mais c’est silence radio depuis », déplore-t-il.

Depuis, il a désactivé sa carte Shell et fait installer une borne domestique reliée à des panneaux solaires. « Il y a d’autres réseaux. Et chez moi, j’ai installé une borne reliée à des panneaux solaires. Là, au moins, je sais qui appeler en cas de souci », explique-t-il.

Shell muet, et les clients seuls face à des erreurs potentiellement ruinantes

Aucune réponse officielle de Shell n’a été rendue publique. Aucun remboursement n’a été proposé. L’affaire suit désormais son cours au tribunal. Et si l’histoire de John Stephen commence a être médiatisée, elle révèle une défaillance plus large : l’absence de garanties concrètes pour les utilisateurs de voitures électriques lors de recharges en itinérance.

Car au-delà du cas individuel, plusieurs questions demeurent : qui contrôle la tarification appliquée sur les bornes ? Que se passe-t-il lorsqu’une session ne se termine pas correctement ? Où sont les médiateurs indépendants capables d’intervenir rapidement ?

Face à cette incertitude, quelques précautions s’imposent aux automobilistes :

  • Documenter systématiquement chaque recharge avec des captures d’écran

  • Vérifier la clôture effective de la session via l’application mobile

  • Éviter les opérateurs qui ne disposent pas d’un support client actif en France

  • Conserver tous les justificatifs de déplacements pendant les périodes de recharge

Un exemple révélateur, mais pas unique

Pour John Stephen, il ne s’agit pas simplement de récupérer son argent. « C’est une question de principe. Je ne dois pas être le seul dans ce cas. Et si ça ne bouge pas, j’irai jusqu’à l’Europe », a-t-il confié à Auto Moto. L’électrique ne doit pas devenir un labyrinthe tarifaire, mais un progrès maîtrisé. À condition que les règles du jeu soient les mêmes pour tous.

Jade Blachier

Diplômée en Information Communication, journaliste alternante chez Economie Matin.

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