Insolite : quand une balade devient une chasse au trésor de 340 000 euros

En promenade au milieu des arbres centenaires, deux randonneurs pensaient simplement fuir le tumulte du monde. Mais leurs pas ont révélé un trésor d’une valeur de plusieurs milliers d’euros faisant vaciller plus d’un historien.

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By Rédaction Published on 18 mai 2025 17h00
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Insolite : quand une balade devient une chasse au trésor de 340 000 euros - © Economie Matin

Le 15 février 2025, en République tchèque, un événement digne d’un roman d’aventure a bouleversé la quiétude d’une forêt de Bohême de l’Est. À proximité de la colline de Zvičina, non loin de la localité de Mostek, deux marcheurs ordinaires ont trébuché – presque au sens propre – sur un véritable trésor enfoui sous un amas de pierres. Leur découverte a aussitôt mobilisé archéologues, numismates, autorités muséales et... curieux en tout genre.

Sous les pierres, l’or : un trésor intact découvert par des randonneurs

Qui aurait parié que la forêt tchèque, apparemment banale, dissimulait depuis des décennies un pactole estimé à 340 000 euros ? Certainement pas ces deux explorateurs amateurs, qui ont mis à jour deux boîtes métalliques soigneusement dissimulées sous un monticule artificiel de pierres recouvert de mousse. À l’intérieur : 598 pièces d’or, pesant au total 3,75 kg de métal pur, mais aussi 16 tabatières dorées, des bracelets, un peigne, une chaîne avec clé et un poudrier. Le tout savamment enveloppé dans du tissu noir et réparti en 11 paquets cylindriques, comme s’il fallait rendre l’inventaire aussi solennel que secret.

Alertés par cette trouvaille hors du commun, les découvreurs ont eu le réflexe salvateur de contacter immédiatement les autorités locales. Le Musée de Bohême de l’Est à Hradec Králové, institution de référence, a aussitôt sécurisé, étudié, puis classé l’ensemble du butin.

Des pièces venues d’ailleurs pour un mystère national

Les pièces retrouvées n’avaient rien de banal. Pas de couronnes tchécoslovaques ni de marks allemands à l’horizon. Mais une mosaïque monétaire digne d’un musée européen : monnaies françaises, belges, italiennes, ottomanes, russes, roumaines, et surtout austro-hongroises. Toutes datées entre 1808 et 1915. Certaines portaient des contremarques rares, typiques d’une refrappe dans les Balkans, probablement en Yougoslavie dans les années 1930 ou 1940.

Selon Vojtěch Brádle, numismate du musée, « en 1921, une partie de ces pièces n’aurait pas pu se trouver sur notre territoire, elles devaient encore être dans les Balkans » (Newsly, 7 mai 2025). Ce constat bouleverse l’hypothèse d’un enfouissement durant la Première Guerre mondiale, et pousse les chercheurs à explorer d'autres pistes.

Un trésor caché pour fuir l’histoire ?

Pourquoi une telle richesse aurait-elle été enterrée avec tant de soin ? Et surtout, pourquoi personne n’est jamais venu la récupérer ? Miroslav Novák, directeur du département archéologique du musée, évoque plusieurs possibilités : « Le début de la Seconde Guerre mondiale, où la population tchèque a été déplacée, puis le déplacement de la population juive et les déportations, et, après la guerre, l’expulsion de la population allemande. Mais il y a aussi d’autres possibilités : la réforme monétaire des années 1950 qui est un autre moment qui pourrait expliquer l’origine de cette découverte. » (Radio Prague International, 29 avril 2025).

Cette pluralité d’interprétations reflète une constante en archéologie contemporaine : toute pièce a sa part d’ombre, surtout quand l’or traverse les guerres.

Entre récompense légale et devoir patrimonial

La législation tchèque prévoit que les auteurs d’une telle trouvaille puissent percevoir jusqu’à 10 % de la valeur estimée du dépôt, en vertu de la loi sur la protection des monuments nationaux. Une somme potentielle de 30 000 à 34 000 euros, à condition que l’expertise finale confirme la valeur des pièces et objets retrouvés.

Mais au-delà de la récompense pécuniaire, les deux découvreurs, dont l’identité est tenue secrète, ont déjà gagné leur place dans les chroniques insolites du pays. Leur découverte a été saluée non seulement par les médias tchèques, mais aussi par les observateurs internationaux, y compris la chaîne belge RTBF, qui qualifie ce trésor de « témoin silencieux d’une époque révolue » (RTBF, 14 mai 2025).

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