Effectivement les grandes multinationales françaises sont de moins en moins françaises.
Pour survivre en France, les grandes entreprises de moins en moins françaises bénéficient d’aides compensant des charges exceptionnelles

La banque centrale s’est intéressée particulièrement aux entreprises qui composent le CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, CAC pour "Cotation assistée en continu" et 40, car cet indice est composé de 40 entreprises sélectionnées en fonction de critères techniques et financiers bien définis.
Selon la Banque de France, il s’avère que les investisseurs non-résidents en France détiennent suivant les périodes, de 40% à 48 % du capital de ces entreprises françaises.
Pour remplir les caisses de l’état l’Observatoire européen des fiscalités dirigé par Gabriel Zucman propose une taxe sur les milliardaires et un impôt sur les multinationales qui pourraient générer 20 milliards selon l’auteur et cinq milliards selon Philippa Aghion économiste et professeur au collège de France, à l’INSEAD et à la London School of Economics.
Cependant, contrairement à cette proposition et pour permettre à la France de poursuivre sa réindustrialisation, le Conseil des prélèvements obligatoires de la Cour des comptes préconise de supprimer la contribution sociale de solidarité des sociétés.
Comment éviter la fermeture d’usines tout en encourageant d’autres à s’implanter ? Si la recette miracle n’a pas encore été trouvée dans le pays aujourd’hui, la Cour des comptes avance des solutions, rapporte BFMTV. Dans un rapport publié ce lundi 22 septembre 2025, le Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) plaide pour davantage de stabilité fiscale pour les entreprises. En effet, afin de préserver la dynamique des entreprises dans le pays, l’institution rattachée à la Cour des comptes préconise tout simplement « d’alléger les impôts de production en fonction des marges de manœuvre financière ».
Concrètement, le CPO recommande de supprimer la contribution sociale de solidarité des sociétés, appelée aussi C3S. L’institution rappelle en effet que le secteur industriel est « affecté par des prélèvements obligatoires de natures diverses », que ce soient les prélèvements sur la masse salariale, les impôts sur la production, les impôts sur les bénéfices ou encore sur les produits. En 2023, tous ces prélèvements (hors droits de douane) représentaient 91 milliards d’euros. Parmi eux, la C3S aurait « des effets cascade ».
Les firmes multinationales sous contrôle français réalisent 1395 milliards d’euros de chiffres d’affaires dans leurs filiales à l’étranger, soit la moitié de leur chiffre d’affaires consolidé mondial.
Elles emploient 6.8 millions de salariés, soit 56% de leurs effectifs totaux. Parmi elles, les grandes firmes multinationales regroupent 42% des filiales à l’étranger des firmes multinationales françaises. La moitié de ces grandes firmes sont implantées dans au moins 11 pays étrangers. Elles réalisent 83% du chiffre d’affaires et emploient 78% des effectifs des filiales françaises à l’étranger.
Par-contre les multinationales sous contrôle français de taille petite ou moyenne, ne représentent que 2% du chiffre d’affaires et seulement 3% des salariés des filiales françaises à l’étranger.
Trois grandes entreprises ont été exclues de l’enquête car leur siège n’est plus en France : AIRBUS, Stellantis et STMicroélectronique. Il reste donc 35 sociétés françaises de plein droit. Parmi ces sociétés, 12 sont détenues en majorité par des investisseurs d’autres pays.
Les pays membres de la zone euro et les États-Unis constituent la majorité de ces actionnaires étrangers. Des non-résidents que l’on retrouve généralement dans des fonds de pension, des fonds de retraites américains ou japonais. C’est-à-dire qu'il s'agit de personnes, cela peut être des particuliers, qui placent leur argent dans des structures financières, qui elles-mêmes prennent des positions dans des sociétés cotées à la Bourse de Paris. A eux seuls, les étrangers détiennent 770 milliards d’euros d’actions d’entreprises françaises cotées à Paris.
Peut-on encore parler d’entreprises françaises ?
Ces entreprises restent françaises par nature, car elles sont basées dans l’hexagone et, pour la plupart, y ont été créées. De plus, ces entreprises, tout en étant tricolores, sont ce que l’on appelle des multinationales : des sociétés dont l’essentiel de l’activité est à l’étranger. L’un des meilleurs exemples est le groupe TotalEnergies.
Ces 6 600 firmes multinationales françaises contrôlent 53 400 filiales (hors services non marchand et filiales bancaires) à l’étranger dans plus de 190 pays. La moitié de ces sociétés sont implantées dans un seul pays étranger.
La France rayonne encore à l’étranger avec des firmes de prestige implantées durablement tel : LVMH, KERING, L’OREAL, AIRBUS, TOTAL Energies, MICHELIN, DANONE, SANOFI, BNP Paribas, SOCIETE GENERALE, AXA, SODEXO, ACCOR, CARREFOUR, DASSAULT Services, THALES, CAP GEMINI, OVH Cloud, CRITEO, BLABLACAR,
Quelques chiffres marquants sur les entreprises françaises implantées à l’étranger
Présence mondiale
-
Plus de 35 000 entreprises françaises sont implantées à l’étranger. (Source : Direction générale du Trésor)
-
Elles sont présentes dans plus de 180 pays.
Impact économique
-
Les filiales des entreprises françaises à l’étranger réalisent un chiffre d’affaires cumulé de plus de 1 500 milliards d’euros. (Source : INSEE)
-
Elles emploient près de 7 millions de personnes à l’étranger. (Source : INSEE)
-
Les investissements directs à l’étranger (IDE) des entreprises françaises s’élèvent à plus de 1 400 milliards d’euros. (Source : Banque de France)
Secteurs d’activité
-
Le secteur manufacturier représente 62% du stock d’IDE. (Source : Bpifrance Le Lab)
-
Les secteurs du luxe, de l’agroalimentaire et de l’énergie sont également très représentés.
Destinations privilégiées
-
Le nombre de destinations est passés de 12% en 2021 à 25% en 2023. (Source : DocShipper)
Beaucoup ont été accusées d’avoir fait le choix de délocaliser la production. Mais comment faire autrement pour survivre alors que les coûts locaux deviennent exorbitants en face d’une concurrence internationale qui bénéficie de coûts de production extrêmement bas, avec des charges très nettement inférieures.
On pourrait même féliciter ces entreprises qui n’ont pas fermé et ont su se développer à l’étranger tout en gardant leur siège en France. Ce qui permet encore de garder des emplois de qualité en France, mais surtout des comptes français imposables donc qui contribuent à l’effort national.
Leur imposer des impôts supplémentaires pourraient les pousser à délocaliser leur siège à l’étranger ou diminuer leur chiffre français et leur faire perdre de la compétitivité. Ce qui serait dramatique compte tenu d’une concurrence internationale très concurrentielle, surtout chinoise et asiatique.