En France, la noyade demeure une cause majeure d’accidents mortels chaque été. Derrière cette réalité inquiétante, une étude récente met en lumière les profils les plus vulnérables : seniors, enfants en bas âge et adolescents, souvent confrontés à des comportements à risque, au danger lié à l’alcool ou à la fragilité physique.
Qui sont les Français les plus exposés au risque de noyade en 2025 ?

Le 30 septembre 2025, Santé publique France a dévoilé de nouveaux chiffres sur la noyade. Cette mise au point nationale confirme que les noyades accidentelles entraînent chaque année environ 1 000 décès, malgré des campagnes de prévention régulières.
Les seniors, les plus menacés par la noyade
Les dernières données officielles confirment un fait alarmant : les personnes âgées de plus de 65 ans sont de loin les plus touchées par la noyade grave. « Les personnes de 65 ans et plus ont trois fois plus de risque que leur noyade soit grave par rapport aux enfants de 0-5 ans », rappelle La Dépêche.
Le vieillissement du corps explique en partie cette vulnérabilité. La diminution des capacités respiratoires, la baisse du tonus musculaire et la perte de réflexes rapides rendent les seniors particulièrement sensibles à l’accident aquatique. À cela s’ajoutent les pathologies chroniques fréquentes dans cette population : troubles cardiaques, diabète, perte de mobilité. Selon Santé publique France, parmi les noyades suivies de décès, neuf cas sur dix concernent des adultes.
Les enfants et adolescents, des profils fragiles exposés au risque de noyade
La vulnérabilité des enfants reste une préoccupation majeure. Santé publique France indique que les moins de six ans représentent 29 % des victimes de noyade. « Les adultes représentent 56 % des victimes de noyade et les moins de 6 ans un peu plus du quart (29 %) des noyades », souligne l’agence en 2025. Cette surreprésentation s’explique par la curiosité naturelle des jeunes enfants, leur faible capacité de nage et l’insuffisance de surveillance dans certains contextes domestiques, notamment autour des piscines privées.
Mais l’année 2025 a également mis en évidence une aggravation inattendue du risque chez les adolescents. Entre le 1er juin et le 23 juillet, sur 702 noyades recensées, 193 ont entraîné un décès. Parmi elles, les 13-17 ans ont enregistré un taux de mortalité particulièrement élevé : 30 % des noyades ont été fatales, contre 13 % à la même période en 2024. Les jeunes savent souvent nager mais sous-estiment les dangers, qu’il s’agisse de courants marins, de lacs non surveillés ou de plongeons risqués.
Facteurs aggravants : l’alcool, l’isolement et les comportements à risque
Au-delà des caractéristiques liées à l’âge, certains comportements renforcent considérablement le danger. L’alcool est régulièrement pointé comme facteur déclencheur. Sa consommation altère la vigilance, réduit les réflexes et favorise la prise de risques inconsidérés. Dans les statistiques, une part notable des noyades d’adultes est associée à une imprudence liée à l’alcool.
Un autre facteur déterminant réside dans la pratique isolée de la baignade. Qu’il s’agisse de seniors en quête de tranquillité ou d’adolescents défiant les règles, la noyade survient souvent hors de la présence d’un surveillant. Les milieux naturels, plus imprévisibles que les piscines encadrées, concentrent les accidents graves. Santé publique France souligne que l’absence de surveillance accroît fortement la probabilité de décès.
Enfin, certains contextes familiaux ou de loisirs renforcent le danger. Les piscines privées, pourtant équipées de dispositifs de sécurité réglementaires, restent le lieu d’un grand nombre de noyades d’enfants. Les plages et plans d’eau non surveillés sont également en cause, tout comme les baignades en soirée où la fatigue et l’obscurité s’ajoutent aux autres risques.
