Alors que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 est examiné cette semaine à l’Assemblée nationale, la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme.
Sécurité sociale : le déficit explose à 23 milliards en 2025

Dans un rapport publié lundi 3 novembre 2025 et repris par Le Figaro et Le Monde, l’institution présidée par Pierre Moscovici évoque un « risque élevé » de dégradation des comptes sociaux et une « perte de contrôle » de la trajectoire financière du système de protection sociale.
Sécurité sociale : Un déficit qui double en deux ans
Le déficit de la Sécurité sociale atteindrait 23 milliards d’euros en 2025, contre 10,8 milliards en 2023. En deux ans, « il aura plus que doublé et se situe désormais, hors années exceptionnelles de la crise Covid, au niveau le plus élevé depuis 2012 », note la Cour citée par Le Figaro.
Toutes les branches sont déficitaires, à l’exception de la branche famille. L’assurance-maladie concentre l’essentiel du déséquilibre, avec un « trou » évalué à 17,2 milliards d’euros. La branche vieillesse affiche également un déficit important, en raison du nombre croissant de retraités et de pensions en moyenne plus élevées que celles des générations précédentes.
La Cour explique cette situation par un « écart structurel entre la dynamique des dépenses et celle des ressources » : les prestations augmentent mécaniquement avec le vieillissement de la population et la progression des maladies chroniques, tandis que les recettes issues des cotisations progressent moins vite, pénalisées par un contexte économique atone (croissance du PIB de 0,7 % prévue en 2025).
Un effort de redressement ambitieux mais fragile
Le gouvernement espère ramener le déficit à 17,5 milliards d’euros en 2026, grâce à un effort total évalué à 11,2 milliards d’euros, souligne Le Monde. Cette trajectoire suppose une amélioration conjoncturelle et plusieurs mesures d’économies :
- le gel des prestations sociales, pour un gain estimé à 2,5 milliards d’euros,
- le doublement des franchises médicales, pour 2,3 milliards,
- et la réduction des prix et du remboursement de certains produits de santé, également à hauteur de 2,3 milliards.
Ces trois mesures représentent à elles seules près de 80 % de l’effort prévu, souligne la Cour, qui met en garde : « Cela fragilise l’atteinte de l’objectif de réduction du déficit au cas où ces mesures ou d’autres équivalentes ne seraient pas adoptées in fine. »
Une dérive durable depuis 2019
La Sécurité sociale, qui était à l’équilibre en 2019, n’a depuis jamais retrouvé un solde positif. Après la crise sanitaire, le déficit n’a cessé de se creuser malgré la fin des mesures exceptionnelles. L’explosion du déficit « atteste une perte de contrôle de la trajectoire des finances sociales dans une période qui n’est pas caractérisée par une crise économique ou financière aiguë », souligne Le Figaro qui cite le rapport.
La Cour appelle à un réexamen structurel du modèle de financement de la protection sociale, estimant que la progression mécanique des dépenses face à des recettes contraintes ne peut être durable sans réformes de fond.
