Abandon de poste : combien cela peut coûter au salarié

À la date du 8 janvier 2025, selon le Code du travail numérique, l’abandon de poste résulte d’une absence injustifiée à son poste de travail sans justification légitime de la part du salarié. Cette situation suspend le contrat de travail et prive immédiatement le salarié de sa rémunération.

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By Rédaction Published on 17 janvier 2026 17h00
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Abandon de poste : combien cela peut coûter au salarié - © Economie Matin
15Après procédure formelle, le salarié a 15 jours pour reprendre son poste.

Quand un abandon de poste coûte‑t‑il cher au salarié

Un abandon de poste se caractérise par une absence prolongée ou un départ sans information ou justification légitime. Dans ce cas, plusieurs conséquences juridiques pèsent sur le salarié. D’abord, le salarié ne perçoit pas de salaire à partir de l’instant où il ne se présente plus à son poste de travail sans justification. Cette suspension immédiate de rémunération peut rapidement entraîner des tensions financières personnelles.

Ensuite, si l’employeur engage une procédure formelle, l’abandon de poste peut être considéré comme une démission du salarié. Il appartient à l’employeur d’adresser une mise en demeure écrite, par lettre recommandée ou remise en main propre, au salarié pour justifier son absence et reprendre son poste dans un délai minimum de 15 jours calendaires. Si cette mise en demeure reste sans réponse, l’employeur peut considérer le contrat rompu, assimilant l’absence à une démission.

Outre la perte du salaire, cette qualification a un impact majeur sur les droits sociaux du salarié. En effet, une démission présumée ne donne pas automatiquement droit aux allocations chômage de France Travail (anciennement Pôle emploi). Ce retrait de droit à l’allocation d’aide au retour à l’emploi peut priver le salarié de ressources pendant plusieurs mois.

De plus, l’abandon de poste expose à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave. Un tel licenciement entraîne la perte de l’indemnité compensatrice de préavis et de l’indemnité de licenciement, augmentant ainsi le coût pour le salarié.

Selon la Dares, au premier semestre 2022, 123 000 salariés ont été licenciés pour faute grave ou lourde à la suite d’un abandon de poste, représentant 71 % des licenciements pour faute grave ou lourde dans les entreprises interrogées. Cette donnée met en lumière l’ampleur du phénomène et les ruptures de contrat qui en résultent.

Impacts juridiques et organisationnels pour l’employeur

Pour l’employeur, un abandon de poste n’est pas neutre non plus. L’absence imprévue d’un salarié nécessite la redistribution rapide de la charge de travail, avec des risques de retard et de baisse de productivité.

Sur le plan juridique, l’employeur doit suivre une procédure précise pour éviter toute contestation ultérieure devant le conseil de prud’hommes. Sans mise en demeure respectant le formalisme légal (délai, contenu, information des conséquences), il n’est pas possible de présumer une démission, et le contrat peut rester suspendu.

Lorsque l’abandon de poste n’est pas justifié et que le salarié reprend le travail sans avoir répondu à la mise en demeure, l’employeur peut toutefois appliquer une sanction pour absence injustifiée, et le contrat de travail continue.

Droit au chômage, indemnités et ressources sociales

La question des indemnités chômage est centrale dans l’évaluation du coût d’un abandon de poste. Si le contrat est rompu au motif de démission présumée, le salarié perd le droit aux allocations de chômage automatique. En revanche, s’il est licencié pour faute grave, il peut y prétendre, mais sans indemnités de licenciement ni de préavis.

La perte de ces droits peut avoir un impact financier significatif sur le long terme, car le salarié se retrouve sans ressources stables et doit engager des démarches longues pour contester la rupture ou obtenir un réexamen de sa situation auprès de France Travail.

La procédure devant le conseil de prud’hommes offre toutefois au salarié la possibilité de contester la rupture du contrat de travail et la qualification retenue par l’employeur. Si la rupture est jugée injustifiée, cela peut entraîner des indemnisations compensatoires.

Mesures pour limiter les risques

Pour éviter un abandon de poste et ses conséquences financières, il est crucial pour les salariés de communiquer rapidement avec leur employeur en cas d’imprévu, notamment en fournissant un arrêt maladie dans les 48 heures si nécessaire.

De même, pour l’employeur, anticiper et formaliser toute absence imprévue dans le règlement intérieur ou dans les conventions collectives permet de clarifier les attentes et les conséquences prévues, réduisant ainsi les risques de conflits juridiques.

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