Après des mois de pressions exercées par les compagnies aériennes, les voyageurs peuvent souffler. Le Parlement européen a refusé toute marche arrière sur les droits des passagers aériens, confirmant plusieurs avancées majeures en matière d’indemnisation, de bagages et de protection face aux retards.
Droits des voyageurs : le Parlement européen rejette le durcissement

Le 21 janvier 2026, à Strasbourg, le Parlement européen a pris une décision très attendue par chaque voyageur habitué aux trajets en avion. Les eurodéputés ont rejeté les propositions des États membres visant à réduire les droits des passagers dans l’avion, notamment en cas de retard. Ce vote marque une victoire politique forte face aux compagnies aériennes qui réclamaient un assouplissement des règles existantes.
Le Parlement européen décide de protéger les passagers
Depuis plusieurs mois, les droits des passagers se trouvaient au cœur d’un bras de fer européen. Les États membres, soutenus par de nombreuses compagnies aériennes, souhaitaient relever le seuil déclenchant l’indemnisation des retards. Alors que l’indemnisation se déclenche dès trois heures de retard pour le vol, les compagnies aériennes espéraient faire passer ce délai à quatre heures. Le Parlement européen a clairement rejeté cette orientation, considérant qu’elle portait atteinte aux droits fondamentaux du passager, selon Le Figaro.
Le vote a été massif. Les eurodéputés ont adopté leur position par 632 voix pour, 15 contre et 9 abstentions, selon le communiqué officiel du Parlement européen. Ce résultat confirme que la majorité des élus refuse tout affaiblissement des règles actuelles. Pour les passagers, cette décision constitue une victoire directe face aux intérêts économiques des compagnies aériennes.
Surtout, le seuil clé reste inchangé. Le passager conserve le droit à une indemnisation dès trois heures de retard, contre une proposition allant de quatre à six heures selon la distance, portée par plusieurs États, comme l’a rappelé Reuter. « Maintenir le seuil de trois heures pour l’indemnisation des retards demeure notre ligne rouge », a déclaré l’eurodéputé Andrey Novakov, selon Air-Journal.
Quels droits auraient pu changer pour les passagers des avions ?
Si les propositions des États avaient été adoptées, les droit des voyageurs auraient été profondément modifiés. L’un des points les plus sensibles concernait l’indemnisation financière. Aujourd’hui, un passager peut percevoir entre 250 et 600 euros, selon la distance parcourue et le retard subi. Les États membres envisageaient de réduire ces montants ou d’en limiter l’accès, selon Euronews. Le Parlement européen a non seulement rejeté cette idée, mais il a aussi confirmé le maintien des montants actuels.
Autre enjeu crucial : les circonstances dites extraordinaires. Les compagnies aériennes souhaitaient élargir la liste des situations leur permettant d’échapper à toute responsabilité. Le Parlement européen s’y est opposé. Il exige une liste claire, exhaustive et régulièrement mise à jour, limitant les abus. Pour les passagers, cela signifie moins de refus arbitraires d’indemnisation, comme l’a souligné Reuters. Enfin, les États proposaient de réduire les obligations de prise en charge. Repas, hébergement ou rafraîchissements auraient pu être restreints. Là encore, le Parlement européen a refusé.
Une victoire concrète face aux compagnies aériennes
Au-delà du rejet des reculs, le Parlement européen a envoyé un signal positif aux voyageurs en défendant plusieurs améliorations concrètes. La question du bagage à main a notamment cristallisé les débats. Les eurodéputés souhaitent garantir au passager le droit d’emporter gratuitement un objet personnel et un petit bagage à main. Celui-ci devra peser jusqu’à 7 kilogrammes et respecter des dimensions maximales de 100 centimètres cumulés, selon Euronews.
« Les passagers devraient avoir droit à un objet personnel ainsi qu’à un petit bagage à main gratuitement », précise le communiqué du Parlement européen. Pour les voyageurs, cette mesure représente une victoire face aux pratiques tarifaires des compagnies aériennes, souvent critiquées pour leur manque de transparence et la multiplication des options payantes.
Autre avancée importante : le choix du siège. Le Parlement européen défend la gratuité du placement pour les adultes accompagnant des enfants de moins de 14 ans ou des personnes à mobilité réduite.
Enfin, les eurodéputés veulent simplifier les démarches. Les compagnies aériennes seraient tenues de fournir des formulaires préremplis pour les demandes d’indemnisation. Pour le passager, souvent découragé par des procédures complexes, cette évolution constitue une victoire pratique.
