En 2025, la mortalité routière en France a de nouveau progressé après une année plutôt stable en 2024, un rebond qui s’accompagne d’une hausse du nombre de blessés graves et de l’émergence de nouveaux comportements à risque, dont l’usage détourné du protoxyde d’azote parmi les causes pointées par les autorités.
Mortalité routière : forte hausse en 2025, le protoxyde d’azote inquiète

L’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) a publié, le 30 janvier 2026, les chiffres provisoires de l’accidentalité routière en France pour l’année 2025, révélant que la mortalité routière a encore augmenté après plusieurs années de baisse. Ces données soulignent des dérives comportementales qui participent à ce recul difficile de la sécurité sur les routes.
Hausse généralisée de la mortalité routière en 2025
Selon les statistiques provisoires rendues publiques fin janvier, la mortalité routière a augmenté en 2025, avec 3 513 personnes décédées sur l’ensemble du territoire national. Selon le bilan de l’ONISR, « 3 513 personnes sont décédées en 2025 sur les routes de France métropolitaine ou d’outre‑mer », chiffre supérieur à celui de 2024. Dans le détail, 3 260 personnes ont perdu la vie en France métropolitaine – soit 67 décès de plus qu’en 2024, ce qui représente une hausse de +2,1 % par rapport à l’année précédente. En outre‑mer, 253 personnes sont décédées, une progression de +6 % par rapport à 2024.
À ces pertes humaines s’ajoute une situation préoccupante sur les blessés : le nombre total de personnes blessées est estimé à 244 000, en hausse de +3,4 %, tandis que le nombre de blessés graves approche 16 600, lui aussi en augmentation par rapport à l’année précédente. Ces chiffres officiels font écho au constat dressé par les médias spécialisés : d’après la Sécurité routière, cette progression s’inscrit dans une tendance préoccupante de reprise des accidents mortels après plusieurs années de recul.
Des facteurs de risque persistants et l’apparition de nouveaux comportements dangereux
Alors que les comportements à risque classiques continuent d’être identifiés comme des causes fréquentes de mortalité routière, le gouvernement attire aujourd’hui l’attention sur de nouveaux facteurs aggravants. La vitesse excessive, l’alcool au volant et l’usage de stupéfiants figurent depuis longtemps parmi les principaux déterminants des accidents graves. Dans le bilan 2025, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, Marie‑Pierre Vedrenne, a déclaré que si ces facteurs « restent des déclencheurs majeurs », une autre cause inquiète particulièrement les autorités : “l’usage détourné du protoxyde d’azote”. Dans un communiqué, elle a relevé que l’année 2025 a été assombrie par des accidents causés par un usage détourné du protoxyde d’azote, un phénomène qualifié de nouveau facteur de risque important.
Comme l’a déclaré la ministre dans un communiqué repris par la presse, il y a également de : « trop nombreux accidents causés par l’usage détourné du protoxyde d’azote ». Le protoxyde d’azote, souvent appelé gaz hilarant lorsqu’il est utilisé à des fins récréatives, est traditionnellement connu pour ses usages médicaux ou industriels. Mais récemment, le gouvernement et les autorités sanitaires se montrent alarmés face à son détournement pour une consommation euphorisante, notamment chez les jeunes conducteurs. Selon plusieurs médias, cela serait devenu un facteur aggravant dans certains accidents récents. Cette mise en garde officielle intervient alors que, dans des rapports antérieurs, des professionnels de la santé ont signalé une hausse significative des cas d’intoxication et de complications liés à l’usage détourné du protoxyde d’azote, notamment chez les jeunes de moins de 25 ans.
Des usagers vulnérables et de nouveaux risques sur la route
L’analyse détaillée des données de l’ONISR montre que les usagers vulnérables et certaines nouvelles mobilités sont particulièrement touchés par la dégradation de la situation. Par exemple, après la voiture particulière, qui reste la catégorie la plus touchée du fait de son volume de circulation, d’autres classes d’usagers connaissent des évolutions inquiétantes. Le nombre de piétons tués a augmenté, avec des hausses observées dans plusieurs catégories, notamment chez les enfants et adolescents, confirmant que la sécurité des plus vulnérables sur les routes reste fragile. Les utilisateurs de trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnels motorisés ont vu leur mortalité exploser – selon certains rapports, jusqu’à 80 décès en 2025, soit 35 de plus qu’en 2024.
Par ailleurs, on constate des différences selon le territoire. Les décès hors agglomération ont plus augmenté qu’en ville, et l’autoroute a connu une hausse notable du nombre de victimes. La répartition par genre reste marquée, avec une majorité d’hommes parmi les victimes : sur les routes métropolitaines françaises en 2025, 2 526 hommes et 734 femmes ont perdu la vie, soit une proportion d’environ 77 % d’hommes parmi les décès.
Quelles réponses face à la hausse de la mortalité routière ?
Face à ces chiffres alarmants, le gouvernement a indiqué vouloir placer certaines problématiques en priorité pour 2026, notamment la lutte contre l’usage détourné du protoxyde d’azote, en complément des efforts traditionnels de lutte contre l’alcool, la vitesse et les stupéfiants au volant. À court terme, les autorités semblent déterminées à renforcer les dispositifs de prévention et de sanction, notamment en ciblant les comportements émergents qui aggravent le risque routier.
Certaines voix évoquent même des mesures législatives plus strictes concernant la classification du protoxyde d’azote et ses usages détournés, au même titre que d’autres substances psychoactives. Ce renforcement des politiques publiques pourrait s’inscrire dans une stratégie plus large visant à inverser la tendance et à améliorer la sécurité routière au cours des années à venir, alors que la mortalité routière avait semblé se stabiliser récemment.
