La guerre impliquant l’Iran provoque déjà des perturbations sur les grandes routes maritimes mondiales. Le géant du transport maritime Maersk a décidé de suspendre plusieurs liaisons reliant l’Europe et l’Asie au Moyen-Orient, une mesure de précaution qui pourrait affecter les flux commerciaux et logistiques internationaux.
Transport maritime : pourquoi Maersk suspend plusieurs routes au Moyen-Orient

e 6 mars 2026, le groupe danois Maersk a annoncé la suspension de plusieurs routes maritimes reliant le Moyen-Orient à l’Europe et à l’Asie. Cette décision intervient dans un contexte d’escalade militaire dans la région du Golfe, où la sécurité de la navigation devient incertaine.
Leader mondial du transport de conteneurs, Maersk transporte chaque année une part importante des marchandises circulant sur les grandes routes commerciales. La suspension de certaines liaisons, même temporaire, illustre donc la sensibilité du commerce mondial aux crises géopolitiques.
Pourquoi Maersk suspend des liaisons maritimes liées à l’Iran
La décision de Maersk repose avant tout sur des préoccupations de sécurité. La compagnie explique avoir procédé à une nouvelle analyse des risques avant de prendre cette mesure exceptionnelle.
Selon le groupe danois, « compte tenu de l’escalade du conflit qui compromet la sécurité de la navigation dans la région du Golfe, nous avons pris la décision de suspendre temporairement le service FM1 ainsi que le service ME11 », a indiqué Maersk dans une communication officielle.
Ces deux services sont importants pour les échanges internationaux. Le service FM1 relie l’Extrême-Orient au Moyen-Orient tandis que la ligne ME11 connecte le Moyen-Orient à l’Europe. En pratique, ces routes permettent d’acheminer des marchandises provenant d’Asie vers les ports du Golfe puis vers le marché européen.
Dans un second message, la compagnie précise également que cette décision vise à protéger ses équipages et ses navires. « Cette décision a été prise à titre de précaution afin d’assurer la sécurité de notre personnel et de nos navires tout en limitant les perturbations opérationnelles dans l’ensemble de notre réseau », a indiqué Maersk.
Maersk modifie aussi ses routes et ses réservations de transport maritime
La suspension de ces deux services ne constitue qu’une partie des mesures adoptées par Maersk. Depuis plusieurs jours, l’entreprise ajuste déjà son réseau maritime dans la région.
Le 1er mars, le groupe avait par exemple décidé de détourner certains navires afin d’éviter la zone sensible du détroit de Bab el-Mandeb et du canal de Suez. Les services ME11 et MECL ont ainsi été redirigés autour du cap de Bonne-Espérance, une route plus longue mais jugée plus sûre par l’entreprise.
Parallèlement, Maersk a également suspendu l’acceptation de nouvelles réservations de fret dans plusieurs pays du Golfe. Cette mesure concerne notamment les Émirats arabes unis, Oman (à l’exception du port de Salalah), l’Irak, le Koweït, le Qatar, Bahreïn ainsi que certaines zones d’Arabie saoudite.
La suspension s’applique aux marchandises en départ, en arrivée ou en transit via ces destinations. Toutefois, certaines cargaisons restent autorisées, notamment les denrées alimentaires essentielles, les médicaments ou d’autres produits jugés prioritaires.
Une perturbation du transport maritime qui touche plusieurs compagnies
Maersk n’est pas la seule entreprise à adapter ses opérations face à la situation au Moyen-Orient. Plusieurs compagnies maritimes internationales ont pris des mesures similaires.
La compagnie allemande Hapag-Lloyd a ainsi annoncé un arrêt immédiat des réservations de transport pour toutes les cargaisons au départ de l’Afrique vers plusieurs pays du Golfe, dont les Émirats arabes unis, l’Irak, le Koweït, le Qatar ou Bahreïn.
D’autres acteurs ont également réorganisé leurs opérations. La compagnie MSC a décidé que toutes les cargaisons destinées aux ports du Golfe seraient déchargées dans le port sûr le plus proche en raison des hostilités en cours au Moyen-Orient.
Cette mesure s’accompagne d’une surcharge logistique d’environ 736 euros par conteneur, selon les informations rapportées par Reuters.
Maersk face à une zone clé du commerce mondial
La région du Golfe constitue un point de passage essentiel pour le commerce international. Le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est l’une des principales routes maritimes du monde.
Selon les données citées par Reuters, environ 158 porte-conteneurs se trouvent actuellement dans la zone comprenant le Golfe, le golfe d’Oman et la mer d’Arabie. Cela représente environ 2,1 % de la flotte mondiale active de porte-conteneurs.
Si cette proportion peut sembler limitée, la concentration des flux commerciaux dans certaines routes maritimes rend ces zones particulièrement sensibles aux crises.
Un analyste du cabinet Drewry, Simon Heaney, souligne d’ailleurs que « le transport de conteneurs a moins à perdre du conflit iranien que d’autres segments du transport maritime, mais il ne peut pas échapper aux perturbations et à la hausse des coûts ».
Dans ce contexte, les décisions de Maersk illustrent une tendance plus large du secteur maritime : lorsque la sécurité d’une route commerciale devient incertaine, les compagnies préfèrent suspendre temporairement leurs services plutôt que d’exposer leurs navires et leurs équipages.
