Guerre en Iran : faut-il passer à la voiture électrique face à la hausse des prix du carburant ?

La guerre en Iran secoue déjà les marchés de l’énergie. Dans les stations-service françaises, les prix du carburant remontent rapidement. Pourtant, certains conducteurs affirment ne plus subir cette pression. Pour les propriétaires de voiture électrique, la guerre en Iran ne change presque rien à leur budget automobile.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 9 mars 2026 19h00
Guerre en Iran : faut-il passer à la voiture électrique face à l’explosion des prix du carburant ?
Guerre en Iran : faut-il passer à la voiture électrique face à la hausse des prix du carburant ? - © Economie Matin

Depuis le 28 février 2026, la guerre en Iran provoque de fortes tensions sur les marchés pétroliers. Or, chaque crise au Moyen-Orient se répercute rapidement sur les prix à la pompe en Europe. En France, la guerre en Iran commence déjà à faire grimper le coût de l’essence et du gazole. Cependant, un contraste apparaît, alors que les automobilistes thermiques subissent la hausse, ceux qui roulent en voiture électrique disent être largement épargnés.

Guerre en Iran et prix du carburant : la voiture électrique devient un refuge économique

La guerre en Iran a immédiatement déclenché une nervosité sur les marchés pétroliers. Par conséquent, les prix du carburant augmentent déjà dans plusieurs stations françaises. Selon les données relayées par les autorités, le litre de SP95-E10 atteignait en moyenne 1,77 euro début mars 2026, soit environ 10 centimes de plus qu’avant les premières frappes liées à la guerre en Iran. Concrètement, cette hausse représente près de 5 euros supplémentaires pour remplir un réservoir de 50 litres sur une petite voiture. Cette progression paraît limitée, mais elle pourrait s’accélérer si la guerre en Iran s’intensifie et perturbe davantage l’approvisionnement mondial. Le gouvernement surveille donc étroitement la situation.

Pourtant, les autorités tentent toujours de calmer les inquiétudes des automobilistes. Le gouvernement assure suivre de près les effets de la guerre en Iran sur les marchés pétroliers. Selon des déclarations du ministre de l’Économie Roland Lescure rapportées par l’AFP, « le prix de l'essence augmente de quelques centimes actuellement », une évolution qu’il juge liée à la hausse du pétrole brut. Il a également appelé les automobilistes à « garder son sang-froid », précisant que « dans plus de 97 % du territoire, il n’y a aucun problème » d’approvisionnement en carburant, peut-on lire dans Connaissances des énergies.

Toutefois, les professionnels du secteur préviennent que l’impact de la guerre en Iran dépendra directement de l’évolution du conflit et du prix du baril. Face à cette situation, les automobilistes redécouvrent la dépendance de la voiture thermique au pétrole. La guerre en Iran illustre précisément ce lien direct entre géopolitique et coût du carburant. La voiture électrique apparaît pour certains conducteurs comme une protection économique contre les fluctuations internationales de l’énergie.

Pourquoi les conducteurs de voitures électriques se disent épargnés

Alors que la guerre en Iran provoque une remontée du prix du carburant, les propriétaires de voiture électrique affirment ressentir beaucoup moins l’impact. Plusieurs témoignages recueillis par Franceinfo illustrent ce décalage entre les deux types de motorisation. L’un d’eux résume simplement la situation : « Je n'ai plus ce problème ! ». En pratique, la guerre en Iran agit comme un révélateur économique. Les conducteurs de véhicules thermiques voient leur budget carburant varier chaque semaine. La hausse récente se situe entre 5 à 15 centimes d'euro sur le SP95 et le litre de gazole a bondi de 25 centimes en une semaine. Ces estimations ont été évoquées par le ministre de l’Économie dans le contexte des premières conséquences énergétiques de la guerre en Iran.

Pour les automobilistes électriques, la logique économique est différente. En effet, leur coût d’énergie dépend principalement du prix de l’électricité domestique ou des bornes publiques. Ainsi, la guerre en Iran ne provoque pas de variation immédiate comparable à celle du carburant. Cette différence explique pourquoi certains conducteurs considèrent désormais la voiture électrique comme une protection contre les crises pétrolières. Cependant, cela ne signifie pas que la guerre en Iran restera totalement sans effet sur l’électricité. En France, la production repose majoritairement sur le nucléaire et les énergies renouvelables, ce qui limite l’impact direct des crises pétrolières sur les factures d’électricité. Néanmoins, les marchés de l’énergie restent interconnectés à l’échelle européenne. Ainsi, si les tensions liées à la guerre en Iran entraînent une hausse durable du gaz, cela pourrait à terme influencer le prix de l’électricité. Pour l’instant toutefois, les automobilistes roulant en voiture électrique en France demeurent moins exposés aux fluctuations rapides provoquées par la hausse du pétrole que les conducteurs de véhicules thermiques.

Guerre en Iran : tensions sur les stations-service

La guerre en Iran ne modifie pas seulement les prix. Elle transforme aussi les comportements des automobilistes. Dès les premiers jours du conflit, certaines stations-service ont connu une affluence inhabituelle. Selon les distributeurs interrogés par l’AFP, les ventes de carburant ont bondi de 50 % en volume dans certaines stations, un phénomène directement lié aux inquiétudes provoquées par la guerre en Iran. Cette ruée vers les pompes s’explique par la peur d’une hausse rapide des prix ou d’éventuelles pénuries. Pourtant, les autorités tentent toujours de calmer les inquiétudes des automobilistes. Au début de la crise liée à la guerre en Iran, le gouvernement évoquait une hausse modérée des carburants. Maud Bregeon, ministre déléguée à l’Énergie et porte-parole du gouvernement, avait alors déclaré qu’« à court terme, on peut s'attendre à une hausse de quelques centimes, contenue et limitée », comme l'avait rapporté Europe 1. Cependant, les premières observations dans les stations-service montrent déjà des hausses plus marquées, notamment sur le gazole, signe que l’impact économique de la guerre en Iran pourrait finalement dépasser les estimations initiales.

Dans le même temps, le gouvernement assure que la guerre en Iran ne menace pas l’approvisionnement immédiat du pays. La ministre a également affirmé qu’il n’y avait « aucun risque de rupture d'approvisionnement » en carburants grâce aux stocks disponibles et à la diversification des importations. Cependant, l’ampleur réelle de l’impact dépendra surtout de la durée de la guerre en Iran et de ses conséquences sur les routes pétrolières mondiales. Pour les constructeurs automobiles et les analystes du secteur, cette situation pourrait accélérer la transition énergétique. Chaque crise pétrolière rappelle en effet la vulnérabilité du transport routier dépendant du pétrole. À l’inverse, la voiture électrique offre une certaine stabilité budgétaire aux conducteurs, surtout lorsque la guerre en Iran provoque des turbulences sur les marchés énergétiques.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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