Nuisibles en forte hausse : moustiques, frelons et rats explosent avec le réchauffement climatique

Les nuisibles s’imposent désormais comme un symptôme visible du réchauffement climatique. Moustiques, frelons ou rats prolifèrent, tandis que les interventions explosent. En France, les professionnels du secteur constatent une hausse continue des demandes, avec une progression récente estimée à 10 %, révélatrice d’un déséquilibre environnemental et sanitaire grandissant.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 2 avril 2026 11h30
Nuisibles en forte hausse : moustiques, frelons et rats explosent avec le réchauffement climatique
Nuisibles en forte hausse : moustiques, frelons et rats explosent avec le réchauffement climatique - © Economie Matin

L’augmentation des nuisibles n’est plus marginale. Elle s’inscrit dans une dynamique liée au climat, aux mutations urbaines et aux comportements humains. La pression des infestations s’intensifie, et les acteurs de la dératisation et de la désinsectisation doivent adapter leurs pratiques face à une réalité devenue permanente.

Nuisibles et réchauffement climatique : moustiques et frelons en expansion

Les nuisibles liés aux insectes volants illustrent parfaitement l’effet du réchauffement climatique. Les moustiques, en particulier, voient leur cycle biologique profondément modifié. En effet, des températures plus élevées favorisent leur reproduction et leur survie. « Le réchauffement climatique a favorisé l’implantation du moustique tigre en Europe tempérée », explique Andrea Radici, modélisateur à l’IRD. Ainsi, cette espèce invasive est désormais implantée dans 84 départements français, selon la même source.

Les frelons asiatiques illustrent aussi cette progression des nuisibles. Introduits en France en 2004, ils profitent désormais d’hivers plus doux pour étendre leur période d’activité. De plus, les conditions climatiques prolongent leur saison de reproduction. Dans certaines régions, des cycles tardifs apparaissent, ce qui était auparavant exceptionnel. « Les futures reines de l’année prochaine ont recommencé des cycles », témoigne un apiculteur. Par conséquent, la pression sur les écosystèmes et les interventions liées aux nuisibles augmente mécaniquement.

Une explosion des interventions liée au climat

Par ailleurs, les nuisibles terrestres, notamment les rats, connaissent une croissance spectaculaire. Cette progression s’explique à la fois par le réchauffement climatique et par l’urbanisation. Des hivers plus doux réduisent la mortalité saisonnière, ce qui permet aux populations de se maintenir à des niveaux élevés toute l’année. De plus, les cycles de reproduction s’accélèrent. Selon une étude relayée dans l’article Évolution des populations de rats : impact du réchauffement et de l’urbanisation, « l’augmentation des températures prolonge les périodes d’activité des rats, accélérant ainsi leur cycle de reproduction ».

Les interventions contre les nuisibles explosent. En France, plus de 6,4 millions d’opérations ont été recensées en 2022. Parmi elles, 297 960 concernaient guêpes et frelons, 63 390 les moustiques et une majorité les rats. De plus, les interventions de dératisation ont bondi de 35 % sur une seule année. « Toutes les régions sont touchées », souligne Stéphane Bras, porte-parole de la CS3D, dans ce même article.

Nuisibles, santé et environnement : un risque désormais structurel

Enfin, la prolifération des nuisibles pose un problème sanitaire croissant. Les moustiques peuvent transmettre des virus comme la dengue ou le chikungunya, tandis que les rats sont vecteurs de maladies telles que la leptospirose. Le lien entre climat et santé est désormais bien établi. Selon le GIEC, « la santé humaine était sensible au changement climatique », indique la synthèse Les enjeux de santé publique dans un contexte de changement climatique. En conséquence, les nuisibles deviennent un facteur indirect mais majeur de dégradation sanitaire. De surcroît, les villes constituent un terrain favorable à cette expansion des nuisibles.

La densité de population, la gestion des déchets et les microclimats urbains renforcent leur présence. Les épisodes de pluie et de chaleur accentuent encore ce phénomène. Ainsi, les moustiques prolifèrent après les précipitations, tandis que les rats profitent des ressources alimentaires abondantes. Cette combinaison de facteurs crée une pression constante sur les professionnels du secteur. Dès lors, les interventions ne sont plus saisonnières mais continues, traduisant un changement profond du rapport entre humains et nuisibles.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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