Le projet de missions habitées vers Mars franchit un seuil technique décisif. En testant un moteur au lithium liquide d’une puissance inédite, la NASA ouvre une voie crédible vers des voyages plus rapides et plus massifs, tout en redéfinissant les standards de la propulsion spatiale.
Mars : un moteur électrique surpuissant ouvre la voie aux futures missions habitées

Un moteur au lithium qui change d’échelle
Le 29 avril 2026, la NASA a confirmé une avancée de taille dans la course vers Mars. Dans ses installations du Jet Propulsion Laboratory, les ingénieurs ont testé un propulseur magnétoplasmodynamique utilisant du lithium liquide, avec de très bons résultats. L’essai, réalisé le 24 février 2026 mais dévoilé publiquement fin avril, constitue une étape stratégique dans le développement de la propulsion électrique de forte puissance, selon Les Numériques.
Concrètement, ce moteur destiné à Mars a atteint une puissance de 120 kilowatts, soit un niveau largement supérieur aux standards actuels. « Le prototype mis au point au JPL a atteint une puissance de 120 kilowatts (kW) », précise Numerama, 30 avril 2026. De plus, cette valeur dépasse de plus de 25 fois les capacités des propulseurs électriques de la mission Psyche. Ce saut quantitatif, en revanche, traduit un changement d’échelle décisif pour la conquête de Mars, puisqu’il permet d’envisager des missions transportant des charges lourdes sur de longues distances.
Mars : la propulsion électrique au lithium, une rupture technologique
Derrière ce progrès vers Mars se cache un principe physique ancien mais encore peu exploité à grande échelle. Le moteur MPD, ou propulseur magnétoplasmodynamique, fonctionne en ionisant du lithium chauffé jusqu’à l’état de plasma, puis en accélérant ce flux grâce à des champs électromagnétiques. Ainsi, contrairement aux fusées chimiques classiques, aucune combustion n’est nécessaire. Ce changement de paradigme est capital pour Mars. « La propulsion électrique consomme jusqu’à 90 % de propergol en moins », indique Numerama. Les missions vers Mars pourraient donc devenir à la fois plus efficaces et plus économiques en masse embarquée.
La NASA souligne que ces moteurs « sont capables de fonctionner à des niveaux de puissance élevés, d’utiliser efficacement le propergol et de fournir une poussée nettement supérieure », selon Numerama. Cette efficacité est déterminante pour réduire les contraintes logistiques des missions habitées vers Mars. Par ailleurs, la température atteinte lors des tests illustre la violence des conditions maîtrisées par les ingénieurs. Le plasma généré a dépassé les 2 800 °C, soit près de la moitié de la température de surface du Soleil. Une telle intensité énergétique démontre à la fois la robustesse du système et la complexité technique du développement.
Vers des missions habitées plus rapides et plus lourdes
L’enjeu dépasse la simple performance expérimentale. En effet, ce moteur au lithium s’inscrit dans une stratégie globale visant à rendre les missions vers Mars plus rapides et plus viables. La durée du trajet constitue aujourd’hui un obstacle majeur, car elle expose les astronautes à des risques sanitaires et logistiques prolongés. C’est pourquoi la NASA explore des solutions capables de réduire ce temps de voyage. Dans cette perspective, le moteur MPD pourrait jouer un rôle central. Associé à une source d’énergie nucléaire, il offrirait une puissance continue bien supérieure aux systèmes actuels. « Une fois pleinement développés et associés à une source d’énergie nucléaire, ils pourraient permettre de réduire la masse au lancement et de prendre en charge les charges utiles nécessaires aux missions habitées vers Mars », affirme la NASA, citée par Numerama.
Ainsi, la combinaison lithium-électromagnétisme-nucléaire apparaît comme une architecture clé pour les futures expéditions vers Mars. Cependant, malgré cette avancée vers Mars, le chemin reste long. La NASA vise déjà des puissances bien supérieures, avec un objectif de 500 kilowatts, voire un mégawatt. Ce seuil représenterait plus de huit fois la puissance actuelle testée. Le prototype actuel n’est qu’une première étape vers des systèmes capables de soutenir des missions interplanétaires habitées de grande envergure. Enfin, cette technologie n’est pas totalement nouvelle, mais elle bénéficie aujourd’hui d’un regain d’intérêt grâce aux progrès en énergie et en matériaux. Les concepts remontent aux années 1960, mais leur concrétisation industrielle dépend désormais de la capacité à produire et gérer de fortes puissances électriques dans l’espace.
