Venise pourrait durcir fortement les conditions d’accès à son centre historique pour les touristes à la journée. Le nouveau maire de la ville, Simone Venturini, souhaite porter le ticket d’entrée actuellement fixé à 5 ou 10 euros à un montant beaucoup plus dissuasif, pouvant atteindre 30 à 50 euros certains jours de forte affluence. Pour les voyageurs, les agences, les hôteliers et les professionnels du tourisme, l’enjeu est majeur : la mesure ne viserait pas tous les visiteurs, mais surtout ceux qui viennent passer quelques heures dans la Sérénissime sans y dormir.
Venise : 50 euros la journée pour visiter la ville

Pour l’instant, aucune hausse à 50 euros n’est entrée en vigueur. En 2026, le système officiel reste celui du “contributo di accesso”, un droit d’accès expérimental appliqué sur 60 journées non consécutives entre le 3 avril et le 26 juillet. Le tarif demeure de 5 euros pour les visiteurs qui réservent suffisamment à l’avance et de 10 euros pour ceux qui paient dans les jours précédant leur arrivée ou le jour même. La proposition du maire consiste à transformer ce dispositif encore relativement symbolique en véritable outil de régulation touristique.
Ce qui change déjà en 2026 pour visiter Venise
L’année 2026 marque une nouvelle étape dans la politique touristique de Venise. Le ticket d’accès, testé pour la première fois en 2024 puis élargi en 2025, s’applique désormais sur 60 jours, principalement pendant les périodes de forte fréquentation du printemps et du début de l’été. Les dates concernées se concentrent entre avril et juillet, avec une attention particulière portée aux week-ends, aux ponts, aux jours fériés et aux périodes où les flux de visiteurs sont traditionnellement les plus élevés.
Le dispositif s’applique uniquement à certaines heures de la journée, de 8 h 30 à 16 h. Concrètement, un touriste qui entre dans la ville ancienne pendant cette tranche horaire et sur une date concernée doit avoir payé le ticket ou disposer d’une exemption. En dehors de ces jours et horaires, le ticket n’est pas demandé. Le paiement se fait en ligne et donne lieu à un QR code, qui peut être contrôlé aux principaux points d’entrée, notamment autour de la gare Santa Lucia, l’une des portes d’arrivée les plus fréquentées par les excursionnistes.
La logique de la municipalité est claire : Venise ne veut pas fermer ses portes, mais cherche à mieux répartir les flux touristiques. Le tarif à 5 ou 10 euros n’a pas été conçu comme un billet d’entrée classique, mais comme un signal envoyé aux visiteurs pour les inciter à planifier leur venue, à éviter les pics d’affluence et, idéalement, à prolonger leur séjour. Dans les faits, les autorités reconnaissent que le système actuel n’a pas encore provoqué de baisse spectaculaire du nombre de touristes, ce qui explique la volonté du nouveau maire d’aller plus loin.
Le projet du maire : un ticket à 30 ou 50 euros les jours de forte pression touristique
La principale nouveauté politique vient de la proposition portée par Simone Venturini. Le nouveau maire de Venise souhaite augmenter fortement le montant du ticket d’accès pour certains jours jugés particulièrement sensibles. Là où le visiteur paie aujourd’hui 5 ou 10 euros, la ville pourrait demander demain 30 à 50 euros, selon la date, le niveau d’affluence attendu et, potentiellement, les seuils de réservation déjà enregistrés.
Cette évolution changerait profondément la nature du dispositif. À 5 euros, le ticket reste absorbable dans le budget d’une journée à Venise, surtout pour des visiteurs venus de loin. À 50 euros, il devient un vrai facteur de décision. Une famille de quatre personnes pourrait devoir ajouter jusqu’à 200 euros à son budget pour quelques heures de visite, ce qui pourrait pousser de nombreux voyageurs à modifier leur date, à choisir une période moins saturée ou à dormir sur place plutôt que de faire l’aller-retour dans la journée.
L’objectif assumé n’est pas seulement de générer des recettes. Il s’agit surtout de décourager les arrivées massives concentrées sur les mêmes créneaux. Venise subit depuis des années les effets du surtourisme : rues saturées, pression sur les transports publics, hausse des coûts d’entretien, tensions avec les habitants, transformation progressive du tissu commercial et difficultés à préserver un patrimoine fragile construit sur l’eau. Pour la municipalité, le ticket d’accès est aujourd’hui l’un des rares leviers immédiatement disponibles pour agir sur le tourisme à la journée.
Quand le ticket à 50 euros pourrait-il entrer en vigueur ?
La hausse à 30 ou 50 euros ne s’applique pas encore et aucune date officielle d’entrée en vigueur n’a été confirmée. Le système actuellement en place pour 2026 reste celui du tarif à 5 ou 10 euros. Pour que le ticket augmente fortement, Venise devra formaliser sa proposition, la faire valider politiquement et obtenir l’appui du gouvernement italien, car une telle hausse dépasse le cadre actuel du règlement municipal.
Cela signifie que les voyageurs qui préparent un séjour à Venise en 2026 doivent se baser sur les règles officielles déjà publiées, et non sur le scénario du ticket à 50 euros. Le changement pourrait toutefois arriver lors d’une prochaine phase du dispositif, si Rome autorise la ville à relever le plafond du droit d’accès. Pour le tourisme, le signal est néanmoins important : Venise ne considère plus le ticket comme une simple expérimentation administrative, mais comme un outil durable de gestion des flux.
Les professionnels du voyage devront donc suivre de près l’évolution du dossier. Si la réforme est adoptée, les agences, tour-opérateurs, plateformes de réservation, guides et transporteurs devront intégrer ce coût dans leurs informations clients, leurs offres d’excursion et leurs conditions de vente. Les visiteurs indépendants, eux, devront vérifier non seulement la météo, les horaires de train ou le prix de l’hôtel, mais aussi le calendrier du ticket d’accès avant de choisir leur date.
Qui serait concerné par la hausse ?
La hausse viserait principalement les touristes à la journée, c’est-à-dire les visiteurs qui entrent dans le centre historique de Venise sans dormir dans la commune. Ce profil est au cœur du débat touristique local. Il inclut les excursionnistes arrivant en train depuis Mestre, Vérone, Padoue ou d’autres villes italiennes, les voyageurs qui séjournent ailleurs en Vénétie et consacrent une journée à Venise, ainsi que les touristes internationaux qui ajoutent la ville à un itinéraire plus large sans y passer la nuit.
Les visiteurs qui dorment dans un hôtel, une location ou un autre hébergement situé dans la commune de Venise ne paient pas le ticket d’accès, car ils s’acquittent déjà de la taxe de séjour. Ils doivent toutefois demander une exemption et obtenir le QR code correspondant. Cette différence est essentielle pour les voyageurs : passer une nuit à Venise peut devenir plus intéressant si le ticket à la journée augmente fortement, surtout pour les couples, familles ou groupes.
Les résidents de Venise, les habitants de la région Vénétie, les enfants de moins de 14 ans, les travailleurs, les étudiants, les personnes se rendant à un rendez-vous médical et plusieurs autres catégories bénéficient d’exemptions ou d’exclusions selon les cas. Le ticket ne concerne pas non plus l’ensemble de la lagune de la même manière. Les îles comme Murano, Burano, Torcello, le Lido ou Pellestrina ne sont pas soumises au dispositif si le visiteur s’y rend sans passer par la ville ancienne. En revanche, la Città antica, qui comprend notamment le cœur historique autour de San Marco, du Rialto et de la gare, reste le périmètre central visé par la mesure.
Ce que cela signifie pour les touristes
Pour les voyageurs, le premier réflexe sera désormais de vérifier la date de visite. Aller à Venise un jour soumis au ticket ne coûtera pas la même chose qu’une visite hors calendrier. Si le tarif reste à 5 ou 10 euros, l’impact reste limité, mais il faut tout de même anticiper le paiement pour éviter le tarif le plus élevé. Si le ticket passe à 30 ou 50 euros, la date de visite deviendra un élément déterminant du budget.
Cette évolution pourrait modifier les comportements. Certains touristes choisiront de venir en semaine plutôt que le week-end, de privilégier l’automne ou l’hiver, ou de rester une nuit sur place pour bénéficier d’une exemption au titre de la taxe de séjour. D’autres pourraient réorienter une partie de leur voyage vers des villes voisines moins contraintes, comme Padoue, Vicence, Trévise ou Vérone, tout en gardant Venise pour une visite plus longue et mieux planifiée.
Pour un voyageur qui rêve de découvrir la place Saint-Marc, le Grand Canal, le palais des Doges ou le pont du Rialto, Venise restera accessible. Ce qui change, c’est la manière de l’aborder. La visite spontanée, décidée la veille ou le matin même en pleine haute saison, devient progressivement moins avantageuse. À l’inverse, le séjour organisé, réservé à l’avance et pensé sur plusieurs jours pourrait être encouragé.
