L’Hôpital Molinette de Turin a réalisé le 27 juillet 2026 la première greffe mondiale de macula, permettant à une patiente aveugle de retrouver partiellement la vue. Cette prouesse chirurgicale positionne l’Italie en leader de l’ophtalmologie régénérative et ouvre un marché colossal estimé à plusieurs milliards d’euros, renforçant l’attractivité économique et scientifique du pays.
Greffe de rétine : des médecins italiens redonnent la vue à une patiente aveugle

L'Hôpital Molinette de Turin vient de réaliser une prouesse chirurgicale qui pourrait rapporter gros à l'Italie. Le 27 juillet 2026, une équipe menée par le professeur Michele Reibaldi a transplanté pour la première fois au monde une macula, partie centrale de la rétine, permettant à Elena, 67 ans, aveugle depuis cinq ans, de retrouver partiellement la vue. Au-delà de l'exploit médical, cette innovation ouvre un marché colossal pour les technologies de greffe oculaire, estimé à plusieurs milliards d'euros dans les prochaines années.
Une première mondiale qui positionne l'Italie en leader médical
L'Hôpital Molinette : champion de la recherche ophtalmologique
L'intervention chirurgicale menée par le professeur Michele Reibaldi et son équipe a duré près de six heures. La complexité technique était redoutable : Elena présentait une lésion irréversible du nerf optique de l'œil gauche suite à un grave accident de la route, tandis que son œil droit souffrait d'une maculopathie avec destruction complète de la rétine et de la cornée. Comme l'explique l'hôpital dans son communiqué, « la destruction totale de la partie contenant les cellules souches rendait tout à fait impossible une greffe de cornée classique ». Les chirurgiens ont alors prélevé un bloc anatomique complet, comprenant cornée, sclère, conjonctive et macula de l'œil gauche, pour le transférer à l'œil droit. Le professeur Michel Paques de l'Hôpital national des 15-20 à Paris a confirmé le caractère inédit mondial de l'opération, conférant à Turin une reconnaissance internationale immédiate.
Investissements en R&D : le pari gagnant de l'excellence italienne
L'Italie investit massivement dans la recherche ophtalmologique depuis une décennie. Les budgets alloués aux centres d'excellence comme Molinette ont permis de développer des protocoles innovants et d'attirer les meilleurs talents européens. Le professeur Reibaldi souligne que « les premiers résultats sont encourageants », tout en appelant à la prudence : « Nous attendons maintenant de voir dans quelle mesure la rétine greffée sera capable de fonctionner ». Cette rigueur scientifique, associée à l'audace chirurgicale, illustre la stratégie italienne : miser sur des niches de pointe plutôt que sur des volumes massifs. Le retour sur investissement pourrait être spectaculaire si la technique se généralise. Les brevets déposés par l'équipe turinoise pourraient générer des royalties substantielles, à l'instar des innovations françaises et allemandes en cardiologie ou en neurochirurgie.
Marché des greffes oculaires : un secteur en expansion
Potentiel commercial et brevets : les enjeux économiques
Le marché mondial de l'ophtalmologie chirurgicale connaît une croissance annuelle de 7 à 9 %, porté par le vieillissement démographique et l'augmentation des pathologies rétiniennes. La transplantation de macula, jusqu'ici impossible, ouvre un segment entièrement nouveau. Des millions de patients atteints de cécité irréversible pourraient bénéficier de cette technique, représentant un marché potentiel de plusieurs dizaines de milliards d'euros d'ici 2035.
Les brevets déposés par l'Hôpital Molinette couvrent non seulement la procédure chirurgicale, mais aussi les outils spécifiques développés pour manipuler des tissus aussi fragiles que la macula. Les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants de dispositifs médicaux observent de près les résultats à moyen terme. Si la validation scientifique confirme l'efficacité durable de la greffe, des partenariats industriels lucratifs pourraient émerger, positionnant l'Italie comme fournisseur privilégié de technologies ophtalmologiques de pointe.
Création d'emplois hautement qualifiés et attractivité des talents
Au-delà des revenus directs, cette innovation renforce l'attractivité de l'écosystème médical italien. Les centres de recherche turinois recrutent déjà des ophtalmologues, des bioingénieurs et des chercheurs en biologie cellulaire venus de toute l'Europe. Le transfert de compétences stimule la formation locale, créant un cercle vertueux entre excellence académique et performance industrielle. Les universités italiennes, longtemps dans l'ombre de leurs homologues françaises et allemandes, voient leurs programmes de médecine gagner en prestige. Les retombées indirectes touchent aussi le tourisme médical : des patients fortunés du monde entier pourraient affluer vers Turin pour bénéficier de cette chirurgie révolutionnaire, générant des revenus substantiels pour l'hôtellerie et les services locaux. L'intelligence artificielle pourrait d'ailleurs faciliter le diagnostic préopératoire, optimisant la sélection des candidats à la greffe.
Comparaison européenne : quel leadership pour quelle région ?
France, Allemagne, Italie : la course aux innovations chirurgicales
La France domine traditionnellement en cardiologie interventionnelle, l'Allemagne excelle en orthopédie et en robotique chirurgicale. L'Italie, avec cette greffe de macula, s'impose désormais en ophtalmologie régénérative. Les investissements publics et privés diffèrent : la France privilégie les grands centres universitaires parisiens, l'Allemagne favorise un réseau décentralisé de cliniques spécialisées, tandis que l'Italie concentre ses moyens sur quelques pôles d'excellence régionaux comme Turin ou Milan. Le modèle italien, plus agile, permet des prises de risque calculées et des innovations rapides. Cependant, la validation scientifique reste cruciale : tant que les résultats ne seront pas publiés dans des revues à comité de lecture, la généralisation de la technique demeure incertaine. À l'image des usines autonomes développées par Safran ou Renault, l'automatisation des protocoles chirurgicaux pourrait accélérer la diffusion de la greffe de macula en Europe.
L'enjeu dépasse la simple compétition nationale. L'Union européenne cherche à réduire sa dépendance aux technologies médicales américaines et asiatiques. Une innovation européenne en ophtalmologie, brevetée et industrialisée sur le Vieux Continent, renforcerait la souveraineté sanitaire et créerait des milliers d'emplois qualifiés. Les prochains mois seront décisifs : si Elena conserve durablement sa vision retrouvée et que d'autres interventions réussissent, l'Italie aura gagné son pari économique et scientifique.