0,2% : La France survit, mais ne vit pas

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By Agnès C.
0,2% : La France survit, mais ne vit pas
0,2% : La France survit, mais ne vit pas - © Economie Matin

Le PIB français a progressé de 0,2% au deuxième trimestre 2026. La presse titre sur le "rebond". Arrêtons-nous un instant sur ce mot. Un rebond, c'est ce qui arrive quand on a d'abord touché le fond. Et pendant ce temps, nos voisins européens, eux, accélèrent.

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La croissance française au deuxième trimestre 2026, quand la zone euro affiche en moyenne deux à trois fois mieux. Un écart qui n'est pas conjoncturel. Il est structurel.

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Le "rebond" français, ou l'art de se féliciter du minimum

Voici où en est la France en ce mois de juillet 2026 : après un premier trimestre négatif, le pays évite officiellement la récession avec une progression du PIB de 0,2%. Ouf. On a échappé au pire. Sauf que le pire, pour un pays de la taille et de la richesse historique de la France, ce n'est pas la récession. C'est l'anémie chronique.

La zone euro, elle, affiche une croissance plus solide qu'attendu. L'Allemagne reprend des couleurs. L'Espagne tient la cadence. Et la France ? Elle est, selon La Tribune, "à la traîne face à l'Europe et aux États-Unis". Ce n'est pas une surprise. C'est le résultat mécanique d'une décennie de déni budgétaire et de compétitivité sacrifiée sur l'autel de la dépense publique.

On peut se demander combien de "rebonds en trompe-l'œil" — l'expression est du Monde, pas d'une officine libérale — il faudra encore subir avant que le diagnostic soit enfin posé sans fard. La France dépense 58,2 points de PIB en dépenses publiques. Aucun pays comparable ne fait pire. Et cette sur-dépense massive ne produit ni croissance forte, ni services publics exemplaires, ni compétitivité retrouvée. Elle produit de la dette — 3 460 milliards d'euros — et de la médiocrité organisée.

Ce que nos voisins ont compris que nous refusons d'admettre

Imaginez un instant la Suède des années 1990. Pays au bord du gouffre, déficit abyssal, croissance en berne. Les Suédois ont tranché dans le vif : réduction massive de la dépense, réforme des retraites, simplification administrative. Résultat ? Deux décennies de croissance solide et un État social qui fonctionne vraiment parce qu'il est soutenable.

Le Danemark, l'Allemagne post-réformes Hartz, la Suisse qui n'a jamais cédé à la facilité : tous ont en commun d'avoir refusé de confondre dépense publique et efficacité publique. En France, cette confusion est érigée en dogme. On dépense plus que tout le monde, on taxe plus que tout le monde — et on s'étonne que les entreprises peinent, que les investisseurs hésitent, que la croissance déçoit trimestre après trimestre.

Force est de constater que le débat public hexagonal reste prisonnier d'une logique absurde : quand les recettes fiscales manquent, la réponse automatique est "plus d'impôts", jamais "moins de dépenses". Gabriel Zucman s'indigne que Total ne paie pas d'IS en France. Soit. Mais la vraie question est : pourquoi un pays qui taxe autant parvient-il si peu à financer ses priorités ? Parce que la dépense, elle, échappe à tout contrôle sérieux.

L'été des députés ou l'hiver de la réforme

Les députés sont en vacances — ou presque. Le budget d'automne se prépare dans les coulisses de Bercy. Les législatives de 2027 commencent à structurer tous les calculs politiques. Dans ce contexte, qui osera dire que la France ne peut plus se permettre le statu quo ?

La croissance à 0,2% n'est pas une fatalité. C'est le prix d'une décision collective : celle de reporter indéfiniment les réformes structurelles. Réforme de la fonction publique, alignement des régimes de retraite, choc de simplification normative, revue sérieuse de chaque poste de dépense. Ces chantiers sont connus. Les rapports s'accumulent. Ce qui manque n'est pas l'analyse — c'est le courage.

Le prochain budget sera un test. Pas pour les marchés. Pour les Français, qui méritent mieux qu'une économie qui survit.

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Agnès C. est une économiste libérale qui conseille dans l'ombre une large partie du personnel politique français, proposant des solutions pragmatiques et courageuses pour redresser les comptes publics.

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