La rentrée scolaire 2026 coûte en moyenne 261 euros par enfant, soit 10 % de plus qu'en 2025. Pendant ce temps, le gouvernement cherche de nouvelles économies en ciblant les malades chroniques. Il y a quelque chose de profondément indécent dans cet État qui saigne les familles sans jamais se réformer lui-même.
261 €
Budget médian d'une famille pour la rentrée scolaire 2026, en hausse de 10 % en un an selon un sondage Cofidis.
La rentrée, ce impôt déguisé sur les familles
261 euros. C'est ce que coûte la rentrée scolaire cette année à une famille française médiane. Un chiffre en hausse de près de 10 % par rapport à 2025. Et ce n'est pas l'inflation seule qui explique tout — c'est l'accumulation de petites ponctions, de fournitures obligatoires, de coûts para-scolaires qui gonflent inexorablement d'année en année.
Plus d'un parent sur deux déclare craindre de ne pas pouvoir couvrir ces dépenses. Près d'un sur deux avoue être en difficulté. On parle ici de familles ordinaires, pas de ménages précaires au sens strict du terme — des gens qui travaillent, qui paient leurs impôts, qui assument leurs responsabilités. Et qui se retrouvent à arbitrer entre les cahiers de leur enfant et le reste du budget.
Je trouve ça scandaleux. Non pas parce que la rentrée coûte cher — c'est une réalité de la vie — mais parce que l'État français prélève chaque année près de 48 % de la richesse nationale et se révèle incapable de garantir à ses citoyens une scolarité vraiment gratuite, un système de santé sans reste à charge explosif, et un pouvoir d'achat préservé. On paie beaucoup. On reçoit de moins en moins.
La Sécu cherche des économies… chez les malades
Et pendant que les familles comptent leurs euros à la rentrée, le gouvernement a trouvé une nouvelle cible pour redresser les comptes de la Sécurité sociale : les patients en affection longue durée. Ces malades chroniques — diabétiques, insuffisants cardiaques, patients atteints de cancer — qui bénéficient d'une prise en charge à 100 % depuis des décennies, se retrouvent désormais dans le collimateur budgétaire.
Force est de constater une logique perverse à l'œuvre : plutôt que de s'attaquer aux vraies sources de gaspillage dans le système — les doublons administratifs, les agences inutiles, les dépenses de communication des hôpitaux publics, les strates bureaucratiques qui se sont accumulées depuis trente ans — on préfère rogner sur ceux qui n'ont pas les moyens de se défendre. Les malades ne font pas grève. Ils ne bloquent pas les routes.
En Allemagne, la réforme du financement de la santé est passée par une responsabilisation accrue des assurés valides et une meilleure organisation des soins. En Suisse, le système repose sur une concurrence régulée entre assureurs qui pousse à l'efficacité. En France, on préfère la facilité : chercher la pièce sous le lampadaire, là où il y a de la lumière.
L'État doit se réformer avant de demander des sacrifices
La vraie question que personne ne pose franchement dans les couloirs de Bercy, c'est celle-ci : l'État français est-il organisé de manière efficace avant de demander aux familles et aux malades de se serrer davantage la ceinture ?
Ma réponse est non. Avec 5,7 millions d'agents publics, une dette à 115 % du PIB et des services publics en souffrance, la preuve est faite que dépenser plus ne suffit pas. Il faut dépenser mieux. Il faut couper dans le gras, pas dans le maigre.
261 euros de rentrée. Des patients chroniques remis à contribution. Et une dépense publique qui ne baisse pas. Quand les Français comprendront-ils que l'État n'est pas leur protecteur, mais leur premier créancier ?

